Financement
Soutenir la transition au sud de la Méditerranée
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“Que d’évènements ont marqué la région ces douze derniers mois!”, a rappelé Octavia Nasr à l’entame de la session sur le financement des transitions au sud de la Méditerranée.
L’an dernier, le forum avait déjà abordé les perspectives de réforme en évoquant le rôle des nouveaux médias, ou encore celui de la démocratisation.
Aujourd’hui, suite aux transformations politiques du monde arabe, il est temps d’aborder les moyens de financement qui permettront de soutenir les transitions démocratiques.
Dans cette période de mouvement, il est crucial d’agir en profondeur sur le développement économique pour conforter les transformations des pays du sud de la Méditerranée.
“La transition, c’est passer de la culture de l’arrogance à celle de l’écoute dans les politiques étatiques”.
Jan Fischer, Vice-président de la BERD.
Jan Fischer, ancien premier ministre tchèque et aujourd’hui Vice-président de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD), trace d’emblée les lignes que son institution compte impulser dans son action dans la région.
Elles sont selon lui peu ou prou semblables à ce qu’il convenait de faire lors des transitions des pays de l’Est: moins de contrôle de l’État, une montée en puissance de marchés financiers sains et performants, et enfin un important soutien aux PME qui sont des gisements pour l’emploi, et enfin le renforcement de la classe moyenne.
La BERD qui devrait commencer ses activités de financement au Maroc, en Tunisie et en Egypte d’ici à juin 2012, est un des acteurs nouveaux sur lequel on compte afin de renforcer les capacités des pays méditerranéens à faire face à des incertitudes économiques pressantes. Les taux de chômage les plus forts au monde et les aspirations de changement, les défis sont tellement énormes que cela prendra des années pour que les solutions soient effectivement ressenties par les populations.
Pour cela, il y a un mot qui résume bien la philosophie des actions à engager: TRANS-PA-RENCE. Le terme fait consensus aussi bien dans une salle attentive que parmi les panélistes.
“Ce n’est pas seulement le système politique qui doit changer, c’est la manière de faire les politiques afin de transformer les systèmes économiques et sociaux. C’est cela, une transition”.
Jan Fischer.
Reddition des comptes et transparence sont nécessaires pour que les populations reprennent confiance dans leurs gouvernants, mais aussi afin que les investisseurs puissent faire leurs choix, comme le rappelle à son tour Michel Juvet, banquier d’affaires suisse.
Tous les acteurs de coopération dont les plus anciens, comme la Banque Africaine de Développement (BAD), institution depuis longtemps impliquée dans le soutien financier des pays du continent, mettent également en avant les défis plus particuliers à la région MENA, en comparaison avec les transitions de pays d’Europe de l’Est: à ce titre, l’amélioration des systèmes d’enseignement sera la clef pour transformer la région aussi bien dans sa pratique de la gouvernance que dans son développement économique.
Le représentant de la BAD, Matondo Fundani, acquiesce largement. Dans les années à venir, il sera inévitable qu’il y ait une impatience des populations, mais c’est aux représentants politiques de savoir montrer le chemin parcouru et fixer des caps ambitieux.
En somme, la transition ne se décrète pas ni ne proviendra de l’aide extérieure, elle est avant tout une révolution culturelle avant d’être un problème de chiffres et de lignes budgétaires.
Comme l’a souligné Jan Fischer, “la transition, c’est passer de la culture de l’arrogance à celle de l’écoute dans les politiques étatiques”. Néanmoins, l’aide des financeurs multilatéraux devra se concrétiser dans les faits afin que les pays du Sud de la Méditerranée puissent consolider, voire même renforcer leur trajectoire de développement.



