Liu Guijin, représentant spécial de la Chine pour les affaires africaines
“Interagir avec l’Afrique de manière constructive et dynamique”
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Représentant spécial de la Chine pour les affaires africaines, Liu Guijin intervient ce samedi après-midi dans le cadre du panel C5 dédié aux relations Chine-Afrique. Selon lui, le partenariat économique entre la Chine et le continent, qui est déjà “robuste“, va s’accroître davantage.
La présence chinoise en Afrique fascine autant qu’elle inquiète. Quelles sont les véritables ambitions de la Chine en Afrique ?
Les relations bilatérales entre la Chine et l'Afrique sur les plans économiques et politiques se sont développées rapidement et de manière ininterrompue. Cela a pu inquiéter les pays développés, car traditionnellement, ils considèrent l'Afrique comme leur arrière-cour. Donc la Chine, en tant que nouvel arrivant, n'a pas été très bien accueillie par les intérêts préétablis en Afrique.
Mais nous n'avons pas les ambitions que nous prêtent les médias occidentaux. Nous souhaitons aider l'Afrique de manière tangible et concrète. En faisant ceci, nous allons nous aider nous-mêmes, car nous considérons que la coopération économique entre la Chine et l'Afrique est mutuellement bénéfique. La Chine est le plus grand pays en développement, et l'Afrique concentre le plus grand nombre de pays en développement. Nous considérons qu'il est de notre devoir, de notre responsabilité d’interagir avec ce continent de manière constructive et dynamique. Car tout le monde sait que sans paix et stabilité en Afrique, il n'y aura pas de paix ni de stabilité dans le monde. Sans développement et prospérité en Afrique, il n'y aura pas de développement ni de prospérité dans le monde. La Chine ne veut pas de privilèges ou de dominance en Afrique. Nous voulons coopérer avec les compagnies africaines. C'est pour ça qu'en 2006, le président Hu Jintao, et en 2009, le Premier ministre Wen Jiabao à Charm el Cheikh, ont annoncé de l'aide financière et des mesures concrètes pour aider l'Afrique à se développer. Nous allons probablement redoubler cette aide à l'Afrique d'ici trois ans pour établir de nouveaux partenariats dans les domaines du changement climatique, de la recherche et de l'éducation. Nous pensons que ces mesures seront bénéfiques pour la Chine, pour l'Afrique, et pour le monde. Il y a une volonté des deux côtés pour parvenir à ce résultat.
Quelle vision avez-vous de ce continent ?
Nous avons une vision de la politique de la Chine envers l'Afrique à long terme. Nous n'avons jamais considéré l'Afrique comme un fardeau, comme une dette, ou comme un continent perdu, contrairement à nos collègues occidentaux. Nous avons toujours considéré l'Afrique comme une région d'opportunités.
La Chine est prête à partager ses aspirations de développement avec l'Afrique, mais nous n'avons pas la moindre intention d'imposer le modèle chinois en Afrique. Notre modèle a toujours besoin d'améliorations, et les dirigeants africains ne devraient pas copier ce que fait la Chine, car les conditions sont différentes en Chine et en Afrique. Tous les plans qui ont été imposés à l'Afrique par le monde extérieur ont échoué, comme les programmes d’ajustement structurel.
Nous supportons l'unité africaine et l'Union Africaine. C'est pourquoi nous organisons tous les trois ans un forum Afrique-Chine, le dernier était à Pékin. Les ministres africains des Affaires étrangères rencontrent également les représentants Chinois chaque deux ans à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Le but est d'établir de nouveaux types de partenariats stratégiques basés sur trois aspects : égalité politique, confiance mutuelle et rapports gagnants- gagnants.
Comment se portent les investissements chinois en Afrique, et quels sont les principaux secteurs concernés ?
En 2000, les investissements directs de la Chine en Afrique représentaient 10,6 milliards de dollars. Huit ans plus tard, ils ont atteint 106,8 milliards de dollars, et l'année dernière, en 2010, ils ont atteint 126 milliards de dollars.
150 milliards de dollars
Sur les neuf premiers mois de 2011, ils ont connu une augmentation de 30% par rapport à la même période en 2010. Je suis sûr que les investissements dépasseront les 150 milliards de dollars d'ici la fin de l'année.
Les secteurs sont le minerai, le transport, l'agriculture, la manufacture, etc. La Chine est le premier partenaire commercial de l'Afrique depuis 2009, avec une part de marché de 13%. L'Afrique est le quatrième récipiendaire des investissements directs de la Chine à l'étranger. Cela représente un partenariat économique robuste.



