Athar Abbas, porte-parole de l’état-major des armées pakistanais
“Il ne faut pas avoir une vision simpliste d’un problème aussi délicat ”

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Présent à la quatrième édition du Forum MEDays, le général Athar Abbas, porte-parole de l’état-major des armées pakistanais, intervient ce matin dans le cadre du panel consacré aux nouvelles menaces sécuritaires dans le monde. Un sujet qui le concerne au premier chef étant donné la situation explosive qui prévaut dans son pays, le Pakistan.

Pakistan. La simple évocation du nom de ce pays renvoie à l’image de la violence, tant il a souffert et continue de souffrir de la violence aveugle des terroristes.

31.000

Entre 2003 et 2011, ce sont 4.000 officiers et soldats qui ont fait les frais des extrémistes, alors que le nombre de victimes civiles sur la même période a atteint 31.000.

Et plus de 500 attaques - des attaques-suicide pour la plupart- ont tué plus de 4.700 Pakistanais ces quatre dernières années.

Cette situation extrême a naturellement eu des conséquences désastreuses sur l’économie du pays, surtout en ce qui concerne les investissements étrangers directs (IDE). Ainsi, en huit années, entre 2003 et aujourd’hui, le pays a perdu 65 milliards de dollars, indique Athar Abbas, dans un entretien qu’il nous a accordé.

Pour ce général de 56 ans formé à l’académie militaire de Kakul et qui a passé 35 ans dans l’armée pakistanaise, son pays est parmi tous les pays du monde, celui qui pâtit le plus de la violence terroriste.

“Pour éradiquer ce fléau à travers le monde, au Pakistan notamment, il convient de conjuguer nos efforts sans quoi la menace terroriste restera permanente”, a-t-il souligné.

L’axe Islamabad-Washington mis à mal

Toutefois, si le général Athar Abbas reste convaincu que seules des actions concertées permettront de venir à bout de l’hydre terroriste, il n’en demeure pas moins que l’allié-clé de son pays dans la lutte antiterroriste depuis 2001, les États-Unis, ont toujours eu des soupçons à l’égard de l’appareil militaire et le renseignement pakistanais qu'ils accusent de jouer un “double jeu” avec les islamistes extrémistes.

D’ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière, le gouverneur républicain du Texas, Rick Perry déclarait : “Le message que nous adresse le Pakistan, c'est qu'il ne mérite pas notre aide extérieure parce qu'il n'est pas honnête avec nous.”

Selon le général Abbas, des divergences peuvent survenir entre États concernant les stratégies à adopter face à tel ou tel problème. “Mais il est important que la confiance règne dans ce genre de coopération”, a-t-il préconisé. Avant de marteler : “Il ne faut pas avoir une vision simpliste d’un problème aussi délicat !”

Quid de la coopération avec l’Inde ?

Outre les États-Unis, le Pakistan doit également coopérer avec les pays du voisinage immédiat comme l’Inde ou encore l’Afghanistan. Mais avec son puissant voisin indien, les rapports sont tout autant compliqués.

“Nous avions arrêté la coopération suite aux attentats de Bombay. Il y a en Inde des mouvements radicalement opposés au Pakistan, mais étant donné qu’il s’agit là d’un fléau qui nous est commun, nous sommes condamnés à coopérer”

Le général Athar Abbas.

Pourvu que la raison l’emporte sur d'autres considérations !

Bassirou BA

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