Amadou Marou, ministre nigérien de la Justice
Militant de la bonne gouvernance
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Marou Amadou, ministre de la Justice du Niger, interviendra aujourd’hui au forum MEDays lors d’une séance plénière consacrée à la consolidation de la démocratie et de l’État de droit dans les pays du Sud. Ce sera l’opportunité d’entendre les premiers résultats du nouveau régime politique nigérien qui termine sa transition, au moment où de nombreux pays arabes commencent la leur.
Animée. C’est très probablement l’adjectif qui caractérise le mieux la vie politique au Niger. Pour exemple, depuis avril dernier, le pays connaît sa septième Constitution depuis son indépendance de 1960. Le nouveau régime fait suite au coup d’État militaire de février 2010 qui mit fin aux aspirations du président Mamadou Tandja de conserver le pouvoir au-delà de ses possibilités légales. La junte promit alors de remettre le pays sur les rails de la démocratie en un an. Pari tenu.
L’une des figures de cette effervescence est sans conteste Marou Amadou. Issu du monde associatif, il a été président de l’Assemblée de transition et est depuis devenu ministre de la Justice et porte parole du gouvernement.
Portait d’un nouveau ministre, tout droit sorti de la société civile.
S’il concède exercer actuellement des fonctions politiques, l’homme ne se définit pas comme tel mais comme un homme de conviction. Il découvre le militantisme au lycée puis à la faculté des sciences juridiques, où il deviendra secrétaire général d’un mouvement étudiant. Ensuite, il fonde le Comité de réflexion et d’orientation indépendant de sauvegarde des acquis démocratiques (CROISADE) qui se veut être une vigie des éventuelles transgressions des droits civils.
Lorsque le président Tandja a voulu se maintenir au pouvoir au-delà de la durée de son mandat, le comité résiste et proteste. Ce positionnement conduira M. Amadou en prison de haute sécurité pour infraction à la sûreté de l’État et il sera condamné avec sursis pour propagande régionaliste. Le mois suivant, Tandja sera destitué. La junte de transition confie alors à Marou Amadou la tête du pouvoir de transition. Il y préside une Assemblée constituante composée de fidèles du régime et de forces démocratiques, chargée de préparer la future Constitution et l’armature des futures institutions.
Si la tâche fût ardue, M. Amadou réussira à se placer au dessus de la mêlée et à rendre la copie en temps et en heure. Le peuple choisira d’élire Issoufou Mahamadou à la magistrature suprême qui propose au militant Amadou le poste de ministre de la Justice.
En quête de bonne gouvernance
L’agenda judiciaire est tourné vers la quête de la bonne gouvernance. Alors que l’accès à la justice était auparavant difficile et miné par la corruption, le nouveau ministre ordonne une inspection des services. Les mauvais comportements sont relevés. Le laxisme des magistrats est désormais proscrit. Les Nigériens sont également associés à ce processus. Ainsi, une ligne verte à l’attention des justiciables est mise en place. Elle permet la dénonciation des trafics d’influences ou de corruption de magistrats. Pour le nouveau régime, ce n’est qu’ainsi que la justice pourra être indépendante.
Cet assainissement de l’État touche également les élus qui ne sont désormais plus à l’abri de poursuites. Monsieur Amadou a ainsi demandé au parquet de lancer une procédure de levée d’immunité contre un député de la majorité qui avait détourné de l’argent. Ce dernier s’est également vu demander de rembourser la somme alléguée sous délai. La somme servira à la construction de classes d’école. Le message est clair. L’Assemblée nationale est le temple de la démocratie et de la bonne gouvernance.
L’avenir du Niger reste encore à écrire. Néanmoins, le processus démocratique lancé l’année dernière laisse présager la consolidation d’un État de droit nécessaire à la mise en place de programmes essentiels au développement d’un État comme l’éducation, la santé ou l’alimentation.
Sur le plan économique, le Fonds Monétaire International prévoit pour 2012 une croissance estimée à 15% de l’économie nigérienne.



