Réchauffement climatique
Chaud débat
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Dans son allocution liminaire qu'il a intitulé intitulée “Cancún 2010, Durban 2011, Rio 2012: Les pays émergents ont-ils toutes les clefs dans les négociations?”, Brahim Fassi Fihri, président de l’Institut Amadeus a rappelé que la Convention des Nations Unies sur les changements Climatiques (CNUCC) a exhorté les pays du Nord à assumer leur rôle de leadership dans la lutte et contre les changements climatiques. Une responsabilité qui ne semble pas trouver preneur.
À entendre les différents intervenants lors de la plénière d'hier jeudi, sous le thème intitulée “Cancún 2010, Durban 2011, Rio 2012: Les pays émergents ont-ils toutes les clefs dans les négociations?”, la responsabilité des pays les plus avancés, donc les plus pollueurs, ne semble pas trouver preneur. Et c'est ce que n’ont pas manqué de relever les différents participants au panel dédié au réchauffement climatique.
“Il n’y a rien à attendre de Durban car les pays les plus touchés ne percevront aucun bénéfice de cette réunion”. Roosevelt Skerrit, Premier ministre de la République Dominicaine, n’est pas allé par quatre chemins pour exprimer une opinion largement partagée sur la conférence annuelle des Nations Unies sur le climat qui s'ouvrira pour dix jours en Afrique du Sud, le 28 novembre prochain.
Roosevelt Skerrit dira même que le changement climatique est une guerre que les petits pays ne peuvent mener à eux seuls, surtout que les 30 millions de dollars promis par la réunion de Cancún tardent à montrer leurs couleurs.
Pour un autre “petit” pays, Grenade, même constat amer:
“Malgré 20 ans de négociations, la situation est pire que jamais. Les petits pays en développement peuvent s’attendre au pire”.
Karl Hood, ministre des AE, de l’environnement et du commerce international de Grenade.
Ce dernier est allé jusqu'à interroger: “les Pays développés ont pollué, alors pourquoi pas nous”?
Croissance verte et réforme de l’ONU
Si cette dernière réflexion est, bien entendu, à prendre au second degré, -les pays émergents n’ayant pas les moyens de montrer de quel bois ils se chauffent-, certains participants ont souligné la nécessité de procéder aux nécessaires réformes des instituions onusiennes et des modèles économiques.
Hong Jun Yu, vice-ministre du département international du Comité central du Parti communiste chinois a rappelé que “depuis deux siècles, les pays développés ont créé 80% des émissions de gaz à effet de serre. La communauté internationale devrait mettre en place une institution mondiale pour que les États respectent les traités environnementaux”.
À ce propos, Bakary Kante, directeur de la division du droit environnemental et des conventions au PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) est plus tranchant.
“L’échec des Nations Unies est un échec des pays. Le PNUE, tel que créé en 1972 pour les problèmes environnementaux, n’est pas en mesure de faire face aux réalités. Il faut adapter le PNUE pour accompagner les États vers une économie verte. Si on avait prévu une institution plus ambitieuse à l’époque, nous n’en serions pas là”.
B. Kante, directeur de la division du droit environnemental et des conventions au PNUE
Et comme pour coller à une actualité dominée par une crise financière qui remet en cause les choix économiques jusque-là adoptés, Boonam Shin, diplomate sud-coréen chargé de la croissance verte souhaiterait “monter un cadre économique pour s’adapter aux énergies vertes, pour arriver aux 2% du PIB tels que préconisés par la réunion de Cancún”. Et de rappeler que pour parvenir à ce résultat, il faudrait penser à “un nouveau paradigme économique”.
Enfin, entre l’arlésienne qu'est la responsabilité et les réformes institutionnelles, les idées ont été débattues. Il ne reste qu’à inventer des institutions qui auraient la main verte.
Durban 2011 ou COP-17
La 17è Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies ou COP-17 de tiendra du 28 novembre au 9 décembre prochains à Durban en Afrique du Sud. Une année après la conférence de Cancún qui a eu le mérite de créer notamment le Fonds vert pour le climat afin de soutenir les projets, programmes et politiques des pays en développement, d’instituer le Comité d’adaptation aux changements climatiques afin d’aider les pays en développement, la conférence de Durban aura la lourde tâche de matérialiser tous ces projets qui n’ont pas bonne presse du côté des pays destinataires, car n’étant pas appliqués concrètement.
L’avenir du Protocole de Kyoto, qui oblige les pays développés, à l’exception des Etats-Unis, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour éviter que la température de la Terre ne grimpe à 6°C à la fin du siècle, et dont la première phase s’achève en 2012, risque également de faire blocage dans les débats à Durban, d’autant que les pays développés ne veulent pas payer seuls le prix fort de la lutte contre le changement climatique…
Rio 2012 ou Rio + 20
Il y a 20 ans, en juin 1992, à Rio de Janeiro, la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement avait adopté une déclaration qui a fait progresser le concept des droits et des responsabilités des pays dans le domaine de l'environnement. En 2012, anniversaire des 20 ans de cette déclaration, l’ONU a décidé d’organiser le sommet de Rio 2012 ou Rio+20 sur le développement durable, prévu du 20 au 22 juin au Brésil.
Il aura la lourde tâche de déterminer notamment comment les différents Etats membres doivent concrètement matérialiser “l'économie verte et éradiquer la pauvreté”, dans un contexte où pays développés et pays en développement n’accordent toujours pas leurs violons dans la lutte pour la protection de l’environnement et de la planète.



