Négociations sur le climat
Du bol d'air de Cancùn à l'espoir de Rio+20
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Un immense bol d’air, tel a été le qualificatif le plus usité pour apprécier l’accord du sommet de Cancùn sur le climat en 2010. En vue du sommet de l’ONU sur le climat prévu à Durban en Afrique du Sud (28 nov- 9 déc) et du sommet de Rio+20 sur le développement durable, les pays émergents, de plus en plus engagés, auront-ils la clé des négociations ? Telle est la question que se pose une des plénières des MEDays 2011.
S’il y a eu une avancée significative dans le processus de négociations de l’ONU sur le climat à Cancùn en 2010, c’est bien l’engagement des pays émergents comme la Chine, le Brésil et l’Inde aux côtés des pays développés. Une raison suffisante pour que les MEDays 2011 se posent la question suivante:“Cancùn 2010, Durban 2011, Rio 2012: les pays émergents ont-ils toutes les clés dans les négociations?”.
Effectivement à Cancùn, tous les Etats ayant participé aux négociations, à l’exception de la Bolivie, avaient lancé le même message: “l'accord de Cancùn est limité et imparfait, mais il doit être adopté pour aller de l'avant”.
L'accord de Cancùn
Cet accord prévoit en substance des mesures sur “la formalisation des promesses de réduction des émissions, garantir l'augmentation de la responsabilité de chacun de prendre des mesures concrètes pour protéger les forêts mondiales qui comptent pour près d'un cinquième des émissions globales de carbone, établir un fond sur le financement de la lutte contre le changement climatique sur le long terme, s'accorder pour combler les différences entre la première et la seconde période du Protocole de Kyoto renforcer la coopération technologique et favoriser l'adaptation des populations les plus vulnérables au changement climatique”.
Mais, concrètement, la conférence de Cancùn a laissé en suspens la question de l’avenir du Protocole de Kyoto, qui oblige les pays développés, à l’exception des Etats-Unis, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette question, qui avait pour objectif de permettre la diminution de la température du globe qui pourrait grimper à 6°C d’ici la fin du siècle, sera la patate chaude léguée au sommet de Durban.
A cela, s’ajoute la question du financement des projets verts dans les pays en développement à travers le Mécanisme de développement propre (MDP), qui va susciter beaucoup d’interrogations, d’autant que ce sommet se tient en Afrique, dont la partie subsaharienne, plus vulnérable, est le parent pauvre de ce système. Selon l'Institut International de recherche sur l'Alimentation (IFPRI), “l'Afrique subsaharienne participe à dose homéopathique à ce marché des crédits carbone. L’IFPRI chiffrait la dimension de ces projets en Afrique à 1,4% en 2008”.
L'appel des paysans africains
Le programme des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), évalue quant à lui, le taux de projets MDP financés en Afrique à 4%. Face à ce taux infime, les syndicats agricoles d’Afrique australe ont adopté une résolution, au mois d’octobre, dans laquelle ils appellent à une simplification de la procédure du mécanisme de financement des projets verts dans les pays en développement. Un appel à l’endroit des négociateurs de la conférence de Durban pour que les projets MDP soient accessibles aux petits agriculteurs.
Dans ce contexte, un panel des MEDays 2011 s’interroge sur la “Révolution des techniques agricoles: quel cadre de concertation internationale pour aider l’Afrique à entamer sa révolution verte?”. Une question que les Etats membres de l’ONU tenteront également d’élucider d’abord à Durban en Afrique et qui sera ensuite au cœur du sommet Rio+20, prévu du 20 au 22 juin 2012 au Brésil, avec au menu notamment deux thèmes: “l'économie verte dans le contexte du développement durable et l'éradication de la pauvreté”.



