Séance plénière de ce vendredi
Décortiquer le “Printemps arabe”
Dernière mise à jour :
Bien que la thématique principale des MEDays 2011 soit “Le Sud dans la gouvernance mondiale”, une large partie des débats sera consacrée ce vendredi, dans le cadre de la première séance plénière du jour, aux bouleversements en cours au Maghreb et au Moyen Orient, ce que l’on a appelé le “printemps arabe”.
Saeb Erakat, membre de l'OLP (ici lors de la précédente édition) interviendra dans le cadre des débats sur les révolutions arabes. /A.A
Plusieurs mois se sont écoulés depuis le déclenchement des soulèvements populaires qui ont balayé tour à tour les présidents tunisien et égyptien, et récemment l’ex-guide libyen, Mouammar Kadhafi.
Ces révoltes étant porteuses essentiellement d'espoirs de démocratie et d’une vie meilleure, des interrogations sur l’après-printemps arabe s’imposent. Notamment en ce qui concerne le financement des transitions dans ces pays touchés par la lame de fond de ces bouleversements d’une ampleur sans précédent dans cette partie du monde.
Voilà pourquoi les échanges lors de la plénière consacrée vendredi matin à ce sujet, se focaliseront sur la question du financement des transitions, les enjeux sécuritaires, ainsi que sur les échanges d’expériences avec certains pays d’Europe de l’Est, d’Amérique Latine, et plus récemment d’Afrique, en matière de consolidation de l’État de droit.
Parmi les intervenants, l’actuel représentant du Conseil national de transition (CNT) libyen aux Nations unies, Abdel Rahman Shalgam, à qui il sera remis, au nom du peuple libyen, le Grand Prix MEDays récompensant une personnalité politique ou un membre de la société civile œuvrant pour la consécration des valeurs démocratiques et pour la paix dans le monde.
M. Shalgam fut ministre des Affaires étrangères sous l’ancien régime, avant de rejoindre la lutte qui a balayé la dictature de Mouammar Kadhafi.
Interviendront également dans les différents panels consacrés au “printemps arabe”, le chef de la diplomatie marocaine, Taieb Fassi Fihri, Saeb Erakat, membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Nasser Judeh, ministre des Affaires étrangères du Royaume de Jordanie, ou encore le représentant spécial de l’Union Européenne pour la région de la Méditerranée du Sud, Bernardo Leon Gross.
Seront présents également des bailleurs de fonds, dont la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) représentée par son vice-président, Jan Fischer (voir entretien, page 6).
Du discours du Caire à la place Tahrir
En marge de la plénière sous le thème “Printemps arabe: nouveau paradigme, nouvelle donne?”, deux panels sont également prévus. Le premier, comme l’indique son intitulé “Relations Etats-Unis-Monde arabe: du discours du Caire à la place Tahrir”, abordera les relations entre les Etats-Unis et le monde arabe à la lumière notamment du discours prononcé au Caire le 4 juin 2009 par le président Barack Obama.
Dans cette allocution, le président américain annonçait la réconciliation et un nouveau partenariat avec le monde arabe, après huit années de gouvernance Bush marquées par des relations tendues avec le monde musulman en général, et avec la région arabe en particulier.
“Je suis venu chercher un nouveau départ avec le monde musulman”, avait-il dit devant près de 3.000 personnes réunies dans un lieu symbolique, l'Université du Caire, foyer de la contestation anti-gouvernementale.
Mais deux ans après, que reste-t-il de ce discours? En particulier dans le contexte des grands bouleversements qui traversent la région Maghreb et Moyen Orient sur fond de “printemps arabe”…
Les sociétés civiles au Moyen Orient: quelles opportunités pour une paix des peuples? ”, “Etats fragiles: l’absence de dynamique interne met-elle en danger les stabilités régionales? ”, font partie des sujets connexes qui seront abordés dans le cadre, respectivement, des panels 1 et 2.


