2011
Les scandales fashion de l'année
Dernière mise à jour :
Malaises collectifs dans les usines de fabrication de vêtements de marques mondiales en Asie, pollution environnementale due aux rejets émis par la production textile, travail infantile et enchères abusives, tel est "l'enfer" du décor de la planète mode. Rétrospective des abus de l'année d'une industrie pas toujours très glamour.
Les usines où se fait la teinture des jeans, rejettent des eaux usées dans la rivière de Xintang en Chine. "Tout le monde dit que les gens qui travaillent dans la teinture et délavage ont des problèmes de reproduction et de fertilité.", témoigne un travailleur migrant du Sichuan./DR
On ne reviendra pas sur les frasques de John Galliano qui ont entaché la réputation de la prestigieuse maison Dior. Si vous avez loupé l'épisode... Tant mieux! Car pire que les pitoyables people, les industriels en font voir des vertes et des pas mûres à la planète et à ses habitants.
Quelque 59 employés d’une usine de Phnom Penh ont été victimes d'évanouissements en décembre. L’usine touchée, Sportex Industry, officie pour l’équipementier Adidas. Le phénomène s’est reproduit plus d’une dizaine de fois depuis le début de l’année au Cambodge, poussant les marques clientes à s’investir dans l’enquête: H&M, Puma, Gap figurent parmi celles-ci.
Des sweatshops en Asie
Les autorités ont pris la mesure du phénomène en août dernier, lorsque 300 ouvriers d’un sous-traitant ont été hospitalisés suite à une vague d’évanouissements. Les causes avancées renvoient le plus souvent à l’utilisation de produits chimiques, ainsi qu’à une mauvaise ventilation des locaux.
Dans le cas de Sportex Industry, les évanouissements auraient été causés par trois déclenchements d’affilée de l’alarme à incendie, selon le ministère cambodgien du travail. A trois reprises, les 1.400 employés ont ainsi couru hors du complexe de deux étages dans la panique. C’est à l’issue de celle-ci que le manque d’oxygène aurait fait s’évanouir une centaine d’employés, selon un employé interrogé par le Phnom Penh Post. Le Ministère évoque pour sa part une “odeur fétide” dans la salle de production, rapporte le site spécialisé fashionmag.com.
Exploitation au Brésil
Selon une information de l’agence officielle brésilienne Agencia Brasil parue début décembre, une marque espagnole célèbre aurait refusé de signer un accord proposé par le ministère public du Travail brésilien à la suite de dénonciations faisant état de travail forcé dans des ateliers loués par la marque au Brésil. L’accord proposé par le ministère public du Travail (MPT) voulait régulariser la chaîne de production de la marque, après la découverte au cœur de Sao Paulo de plus de 50 ouvriers, en majorité boliviens, occupés à confectionner des vêtements dans des conditions d’insalubrité et sans contrôle. La contre-proposition faite par la maruque doit être examinée par les procureurs et si un accord n’est pas trouvé, le ministère public du Travail peut déposer une plainte en justice contre elle. Un représentant de l’entreprise espagnole présent à l’audience qui s’est tenue à Sao Paulo, a déclaré: “le problème est systémique dans tout le secteur de la confection”.
Le secret de Victoria: du rêve à la réalité
Loin du fastueux défilé annuel de la marque, des Burkinabés de 12 et 13 ans recevraient des coups de fouet pour cueillir le coton destiné à Victoria’s Secret! C’est ce qu’affirme Bloomberg à l’issue d’une enquête menée dans un pays auquel la marque de lingerie achèterait l’ensemble des productions en coton organique et équitable. Bloomberg cite un rapport non publié faisant état de l’extrême vulnérabilité des enfants sur place... Du côté de Victoria’s Secret, les responsables minimisent la part du coton burkinabais dans les collections, tout en prenant très au sérieux les faits reprochés. Son propriétaire Limited Brands rappelle que ses standards “prohibent spécifiquement le travail des enfants”. Pour l’heure, aucune enquête n’a été annoncée par la marque.
Pollution en Chine: la fièvre du jean
Made in China. Ces étiquettes, nous les voyons sur une majorité de nos vêtements. Si nous savons que la Chine domine les exportations de textile et que cette production se fait dans des conditions sociales dégradées, nous connaissons moins la pollution environnementale qu'entraîne cette industrie. Dans un rapport récent (publié en février par Le Monde), Greenpeace révèle des taux de pollution élevés et la présence de cinq métaux lourds dans les eaux de Xintang, la “capitale du monde des jeans”, et ce dans des quantités bien supérieures aux normes autorisées dans le pays.
L'avènement du transgenre?
Le mannequin Andrej Pejic, un homme de 20 ans, est bien la “blonde” qui pose sur des photos vantant une marque néerlandaise de soutiens-gorges pigeonnants. Plus tôt cette année déjà, il était apparu en clôture du défilé Jean-Paul Gaultier à Paris vêtu d'... une robe de mariée. Léa T. est une autre créature du troisième genre, brune, qui connaît un succès grandissant dans le milieu de la mode internationale.
Tous ces abus constituent des manques de discernement, de la négligence ou de la provocation de la part des concernés. A notre petite échelle de consommActeurs, le seul moyen de les contrer est l'achat responsable, voire le boycott. Comme quoi s'habiller n'a rien d'anodin. Alors achetez informés.


