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Diana, profession: costumière
Drôle de dame, cette Diana: entre le Liban, le Sénégal, la France et le Maroc, elle mène sa barque en business woman avertie en milieu créatif. Profil d'une success story.
Diana Malick est une Libanaise du Sénégal. Elle officie au Maroc depuis deux ans en tant que costumière pour des agences de publicité locales (les campagnes Huilor, Artisanat du Maroc, Méditel, Opel... c'est elle), des évènements (inauguration de Mazagan Beach Resort et de la station Saïdia), des projets culturels (une pièce de Molière à venir), des séries télévisées (Cool Center sur 2M) et même pour des particuliers (confection de murs végétaux éphémères).
Un modèle de réussite
Cette jeune femme, créative et dynamique, se souvient que sa vocation est née lorsqu'elle résidait enfant à Kaolack au Sénégal “où il n'y avait aucun magasin de prêt-à-porter; les marchés et les couturiers locaux étaient les seuls points de ravitaillement en vêtements. Le moment qu'on attendait tous pour se divertir était le bal costumé qui nous occupait toute l'année à la confection des habits. Je me faisais un point d'honneur à remporter le premier prix, d'autant que ma mère était couturière!”.
Cursus atypique et autodidactique
Après une maîtrise en affaires internationales obtenue en France et une carrière avortée chez EADS, elle décide de s'installer au Maroc, où elle s'initie au business de la mode grâce à l'affaire familiale. De fil en aiguille, elle rencontre des stylistes de presse qui la sollicitent pour emprunter des panoplies en magasin ainsi que les nombreux accessoires de son atelier, véritable caverne d'Ali Baba, où l'on trouve des lances massaï, des colliers de perles, des coiffes indiennes faites maison “avec des plumes de bibi, glanées aux abattoirs”.
La reine des trouvailles
Pour des commandes spécifiques, elle est la reine des trouvailles insolites mais classieuses dans les “quartiers pop” de Casablanca comme Derb Sultan ou Hay Hassani. Lorsqu'il faut élaborer plus de 400 silhouettes pour une série télé au budget serré, il faut être rudement rusée.
Après les premiers projets qui ont démontré savoir-faire et professionnalisme, Diana, dont l'entreprise se nomme Hidia, s'est bâti une solide réputation dans le milieu des agences: Klems et Image Factory ne jurent que par elle.
Son style: faune et flore en milieu urbain
Pressée sur le déroulement de sa journée type, elle raconte: “un directeur artistique m'envoie un brief très détaillé avec une maquette, puis je dois trouver les accessoires qui correspondent à sa requête. Ensuite j'arrive sur le shooting et je collabore avec des photographes ou des réalisateurs marocains jusqu'à la finalisation du visuel.”
Aujourd'hui, sa seule frustration réside dans son manque de formation académique. “Pour patronner un costume, cela me prend deux heures alors qu'une styliste met une demi-heure.” C'est pourquoi elle compte reprendre ses études en vue d'acquérir la technique. Et modeste avec tout ça...
Les réalisations signées Hidia ont un style très reconnaissable: mélange d'ethnicité et d'imagerie animalière moderne.



