Lady Gaga en Indonésie: les organisateurs ne baissent pas les bras

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La star Lady Gaga participe à un défilé du couturier Thierry Mugler en mars 2011 à Paris.
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Deux policiers indonésiens photographiés le 15 mai 2012 à Jakarta devant une affiche annonçant le concert de Lady Gaga.
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Le président du Front des défenseurs de l'islam (FPI) à Jakarta, Habib Salim Alatas, dans sa résidence, le 15 mai 2012
Le président du Front des défenseurs de l'islam (FPI) à Jakarta, Habib Salim Alatas, dans sa résidence, le 15 mai 2012
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Les organisateurs du concert de Lady Gaga en Indonésie, pays musulman le plus peuplé de la planète, ont promis mercredi de combattre une décision policière interdisant à la star trash de la pop de se produire à Jakarta après avoir été qualifiée de "satanique" par des islamistes.

"Little Monsters, soyez patients", écrit le promoteur Big Daddy sur son compte twitter "bigdaddyid", s'adressant aux fans de la chanteuse américaine par leur surnom de "Little Monsters" ("Petits Monstres"). "Nous poursuivons le combat", ajoute la société.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole de Big Daddy en Indonésie, Arif Ramadhoni, a été muet sur la forme que pourrait prendre une sortie de crise, assurant simplement que la société discutait avec plusieurs parties concernées. "Nous essayons toujours de trouver un moyen de tenir le concert", a-t-il déclaré sans plus de précisions.

La police indonésienne a annoncé mardi qu'elle n'accorderait pas d'autorisation au spectacle de Lady Gaga à Jakarta le 3 juin, dont les 50.000 billets se sont vendus en deux semaines environ. Le concert pourrait cependant avoir lieu dans une autre ville, pour laquelle un permis distinct serait nécessaire, a indiqué la police.

Les forces de l'ordre ont suivi la recommandation négative donnée par leurs homologues à Jakarta qui ont dit avoir reçu une plainte du Conseil des oulémas, la plus haute instance religieuse islamique en Indonésie. "Ses costumes sont trop sexy et érotiques", a expliqué un porte-parole de la police de la capitale.

Le Front des défenseurs de l'islam (FPI), bien connu pour ses raids souvent violents contre les bars et les salons de massage, avait promis de réunir "trente mille" manifestants à Jakarta afin d'empêcher Lady Gaga, engagée dans la défense des droits des homosexuels, de "répandre sa foi satanique".

Mercredi, le FPI ne semblait pas prêt au compromis.

"Si Lady Gaga veut encore se produire ici, qu'elle le fasse. Mais soyez prêts au chaos à Jakarta. Nous sommes prêts à être jetés en prison et être tués", a déclaré à l'AFP le président de FPI à Jakarta. "Si elle veut se produire en Indonésie, elle doit se couvrir, être polie et dire qu'elle n'est pas une enfant de Satan", a-t-il ajouté.

La police nationale ne semblait pas plus conciliante. "La police de Jakarta a dit qu'elle ne peut pas recommander un concert de Lady Gaga ici et ce sont eux les responsables de la sécurité. Il n'y donc pas de moyen de faire autrement", a déclaré Saud Usman Nasution, porte-parole de la police nationale.

Lady Gaga a entamé le 27 avril à Séoul une tournée mondiale qui l'a déjà conduite à Hong Kong et Tokyo. Les concerts n'ont pour l'instant provoqué que des manifestations d'opposition relativement limitées. A Séoul, plusieurs centaines de protestants conservateurs avaient manifesté pour exiger l'annulation du spectacle, interdit aux moins de 18 ans.

L'Indonésie, pays musulman le plus peuplé de la planète avec 240 millions d'habitants, est réputé pour pratiquer un islam modéré et les interdictions de concert de stars provocantes étaient jusqu'à présent plus le fait de la Malaisie voisine, où Lady Gaga n'a même pas osé demander de permis. Un concert de Beyoncé y avait été annulé en 2007, des islamistes ayant menacé de perturber le spectacle.

La décision de la police indonésienne a suscité de vives critiques parmi les fans mais également au sein de la population en général. "La plus grande menace pesant sur ce pays, ce ne sont pas les artistes occidentaux mais ce gouvernement corrompu, comme la police et le FPI", écrit "Thur" dans les nombreuses réactions négatives diffusées sur le site du quotidien The Jakarta Globe.

AFP


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