Olympus lance un plan de redressement pour corriger les égarements passés

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Le groupe japonais d'appareils photo Olympus a annoncé vendredi un plan de redressement accompagné de sacrifices, afin de tourner la page des vastes manipulations comptables perpétrées durant des années.

Entre autres drastiques mesures d'économies, le groupe prévoit la suppression de 2.700 emplois d'ici à mars 2014. Il n'a pas fourni de détail sur les modalités de ces départs.

Sous le slogan "retour aux sources", la nouvelle direction d'Olympus a établi un plan quinquennal censé requinquer l'entreprise malmenée par la conjoncture, par des diversifications hasardeuses et par la vilaine affaire de maquillage de comptes qui a en partie saccagé son image ces derniers mois.

En retranchant 7% de ses effectifs mondiaux actuels, le groupe espère un retour dans le vert dès cette année budgétaire et une amélioration significative de ses marges par la suite.

Olympus prévoit de réduire le nombre de ses sites industriels et de resserrer ses activités sur ses principaux domaines de compétences afin de corriger des égarements passés.

Le groupe va rationaliser ses méthodes et se défaire des filiales ou divisions qui n'ont qu'un lointain rapport avec son coeur de métier ou qui sont jugées sans avenir.

"En revenant aux racines de l'entreprise et en lui donnant un nouveau départ, nous aspirons à recouvrer la confiance des actionnaires, à rétablir le groupe et à lui redonner une nouvelle valeur", ont argué les dirigeants de l'entreprise.

Olympus considère les instruments médicaux, les équipements pour les sciences de la vie ainsi que les appareils photo et techniques afférentes comme étant ses domaines de compétences. Au-delà, il promet de faire le tri.

Le groupe, qui contrôle déjà 70% du marché des endoscopes, espère maintenir son rang de numéro un mondial en optimisant ses techniques et en profitant de la demande naissante des pays émergents.

Il table en outre sur les besoins d'appareils d'examen visuel dans le domaine industriel et bien entendu sur ses appareils photo (dont les désormais populaires modèles sans miroir à objectif interchangeable) pour s'assurer des revenus récurrents.

L'entreprise est aussi en discussions avec divers groupes, parmi lesquels ses compatriotes Sony, Panasonic et Fujifilm, dont l'un pourrait devenir son premier actionnaire dans le cadre d'une plausible augmentation de capital d'ici quelques semaines ou mois.

Les trois groupes cités sont intéressés par les collaborations possibles dans le domaine de l'imagerie médicale. Toutefois, le nouveau patron d'Olympus, Hiroyuki Sasa, qui promet que le choix est proche, dit simultanément tenir à l'indépendance de la société et ne semble pas prêt à accepter une prise de participation de plus de 10% de la part d'un partenaire industriel.

Reste que selon lui, la firme Olympus passablement affaiblie doit être prête à affronter une éventuelle aggravation de la crise internationale, une poursuite de l'ascension jugée exécrable du yen ou une hausse des coûts d'approvisionnement.

En cumulant les diverses dispositions envisagées, Olympus compte dégager à la fin de l'exercice en cours un bénéfice net de 7 milliards de yens (70 millions d'euros) sur un chiffre d'affaires de 920 milliards de yens (9,2 milliards d'euros).

Il vise même une marge d'exploitation de 10% à l'horizon 2017 contre environ 2% attendus cette année.

Par ailleurs, Olympus a confirmé vendredi le règlement à l'amiable du différend avec son ex-PDG britannique Michael Woodford dont les révélations avaient permis la mise au jour des malversations financières.

Les deux parties se sont entendues pour que M. Woodford mette fin à la procédure intentée envers Olympus moyennant le versement de 10 millions de livres (12,5 millions d'euros) pour solder la querelle.

M. Woodford, premier PDG étranger d'Olympus, avait été brutalement évincé en octobre 2011, quelques mois après sa nomination, après avoir soupçonné ses prédécesseurs et les membres du conseil d'administration de l'époque de s'être adonnés à des opérations financières douteuses qui ont permis de cacher des pertes de plus d'un milliard d'euros durant deux décennies.

En renonçant à la procédure qu'il avait intentée devant un tribunal de Londres, M. Woodford clôt un nouvel épisode de cette saga qui a porté un lourd préjudice à l'image et aux finances d'Olympus.

AFP


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