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Franck Montagny sur Peugeot 908 poursuivi par Allan Mc Nish sur Audi, lors des qualifications, au 24 Heures du Mans, le 12 juin 2008.

Stéphane Sarrazin au volant de la Peugeot 908, lors des qualifications des 24 Heures du Mans, le 12 juin 2008.
Le nouveau duel entre Peugeot et Audi lors de la 76e édition des 24 Heures du Mans automobiles, dont le départ sera donné samedi à 15h00, promet une opposition de style dans la lignée des anciens France-Allemagne de football.
Comme les Bleus, les Lions espèrent évacuer leur frustration de 2007 (2e derrière Audi) en prenant une revanche éclatante. Le choc a bien commencé puisque Peugeot a placé ses trois 908 HDi-FAP, allégées de 25 kilos par rapport à l'an dernier, aux trois premières places de la grille de départ.
Les diesels allemands, tenants du titre, entre lesquels s'intercale une Lola à moteur essence et un V12 Aston Martin N.10 (6e temps), seront dès le départ en position d'attente. Aux essais, la meilleure Audi était à plus de cinq secondes de la meilleure Peugeot (3:18.513 contre 3:23.847).
"Nous présentons trois 908 avec le potentiel nécessaire pour prétendre gagner cette épreuve mythique", garantit Michel Barge, directeur de Peugeot Sport. L'opposition de style paraît donc inévitable entre deux écuries aux antipodes l'une de l'autre et, comme en football, les deux équipes se sont gentiment "allumées" avant le départ.
"C'est de bonne guerre de se titiller", se défend Bruno Famin, le directeur technique du Lion. "Nous avons encore des points faibles, mais plus de talon d'Achille pouvant nous obliger à baisser de rythme. Il y a plus d'écart entre nous et notre concurrent principal qu'entre lui et la meilleure essence".
Revendiquant une certaine flamboyance, à l'image des Giresse et Platini d'antan, Peugeot a choisi de faire confiance à une brochette de pilotes ultra-rapides. Un seul, Nicolas Minassian, n'a jamais fait de F1, mais il a fait de l'Indycar et participé aux 500 Miles d'Indianapolis.
En face, la rugueuse marque d'Ingolstad a forgé sa légende au Mans et ses succès dans l'acier trempé. Elle aligne la même équipe que l'an passé, avec des vétérans expérimentés: 37 ans de moyenne d'âge. Ils ne sont pas les plus rapides mais savent parfaitement gérer une partie à rallonge, faire le pressing ou laisser le contrôle du jeu à l'adversaire.
Si la dream-team de Peugeot, 33 ans de moyenne d'âge, passe son temps à attaquer tous azimuts, la firme française, qui a dû reconstruire en huit jours la N.7 de Marc Gené, détruite lors du Test Day, puis réparer en quelques heures la N.9 de Ricardo Zonta, accidentée jeudi soir, pourrait connaître une nouvelle désillusion.
"L'état d'esprit est impeccable", assure Nicolas Minassian, l'attaquant marseillais, alors que Jacques Villeneuve clame que les pilotes se font "tous confiance". "Il faudra quand même rouler avec la tête", temporise Stéphane Sarrazin le "poleman", profil de milieu de terrain, casquette N.8 sur la tête.
En face, les tacleurs allemands ont prévu d'avaler les kilomètres et leur peu d'appétit pourrait même leur permettre de réaliser un tour de plus par relais que leurs grands rivaux. Sur 24 heures, cela pourrait compter...
Derrière les intouchables diésélistes, la Lola tchèque et la Dome japonaise, les Pescarolo et les Courage-Oreca vont jouer la montre, en espérant marquer en fin de match. Quant au coup d'envoi, au lendemain de France - Pays-Bas, il sera donné en présence du Premier ministre François Fillon et de son homologue néerlandais Jan Peter Balkenende.

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