Envoyer La soixantaine et R'bati pur sang, Noredine Ben Mansour se rappelle aux bons souvenirs de sa ville natale des fifties, sixties et seventies. Une sorte de recherche du temps perdu...
Cela fait plus de trois décennies maintenant qu'il "roule sa bosse" dans le journalisme, précisément au fameux quotidien L'Opinion, dans la rubrique "Télégramme". Noredine Ben Mansour est un bon vivant, quelque peu nostalgique du Rabat de sa jeunesse, une jeunesse plutôt Rock&Roll et au diapason de son époque, comme il aime à le dire.
“Nous étions paumés, fauchés comme le blé certes, mais on sortait tous les soirs. On ne pensait qu'à s'amuser dans une capitale constamment en effervescence”
, confie t-il, le regard triste, nostalgique de ce passé qu'il a du mal à croire révolu!
Son Rabat d'aujourd'hui? Il s'excite, à la limite du courroux: “Non, ce n'est pas mon Rabat, c'est le leur! Ils ont kidnappé celui que je connais sous prétexte de moderniser la ville... On ne modernise pas en tuant l'âme de ce qu'on veut moderniser!”
“La ville de Rabat a perdu sa vitalité populaire: les gens des quartiers "chaabi" ont été poussés vers les banlieues. Je suis né dans une ambiance populaire au quartier Sania Gharbia. Où sont passés les fours à pain, les hammams... Et même les mosquées?”, s'interroge t-il, la gorge serrée.
Nordine Ben Mansour ne reconnaît plus Rabat... Effervescent et bouillonnant jadis, mais devenu hélas selon lui, une ville “pudique, silencieuse comme une vieille qui cache son jeu”.
En tout cas, le Rabat d'antan ne saurait ressembler à celui d'aujourd'hui, le Rabat des tramways, des marinas au niveau du Bouregreg...
Dommage pour Noredine Ben Mansour, qui peut tout de même étouffer ses sanglots en lisant et relisant son ouvrage consacré à cette dolce vita r'batie: "Chroniques des années de fraises". C'est peut-être la seule consolation qui lui reste...

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