Envoyer L'exposition intitulée “Excès de mode” a donné, mercredi soir, le coup d'envoi du 3ème Festimode. Organisée à la Galerie casablancaise Alif Ba, elle offre au public une sélection d'œuvres d'art contemporain pendant une quinzaine de jours.
Excès de mode... Un thème qui s'impose de fait, car la mode ne naît-elle pas, justement, de nécessaires excès? “Oui”, répond Jamal Boushaba - commissaire et scénographe de l'exposition - pour qui “la mode n'est que excès!”.
Ainsi, les œuvres témoignent ici du rapport à la chair, au tissu et surtout de la relation incestueuse qui unit la mode à l'art. La limite entre les deux est étroite. Quand la création de mode devient-elle œuvre d'art? Quand l'art est-il une mode?
Pour soulever la question, la Galerie Alif Ba est le lieu adéquat. Atypique, elle est jonchée d'objets anciens, de vieux clichés en noir et blanc... Un brin “capharnaüm”, exiguë mais intimiste, elle prendrait presque des airs de boutique d'antiquaire.
Entre éclectisme et unicité
Issus de grandes écoles d'art, ces plasticiens, photographes et performeurs posent ici leurs regards sur la mode. Regard poétique pour certains, onirique pour d'autres, feutré pour les derniers. L'éclectisme se mêle à l'unicité du thème. Ici, on parle de mode, d'art et surtout de la mode de l'art.
Michael Baumgarten, photographe de mode parisien, y expose ses clichés polaroïd des caftans néo-andalous et néo-ottomans de la créatrice Zineb Joundy. Des clichés vieillis par neuf ans d'existence qui s'apparentent, presque, à des tableaux de grands maîtres orientalistes du XIXème siècle.
Les deux artistes du duo Butz&fouque, crée en 2003, présentent un de leur scénario pour films photographiques. Héroïnes de leurs créations, elles s'exposent ici dénudées, mais avec un érotisme à peine effleuré - entre provocation et douceur.
Ghassem Ebrahimian, cinéaste iranien a, lui, posé son objectif sur les créations du styliste Noureddine Amir. Un regard fin et tendre, qui effleure la mode comme les corps. Son objectif donne de la matière aux modèles, comme s'ils se dotaient subitement d'une 3ème dimension.
Le maroco-illinois Mohamed el Baz s'est aussi prêté au jeu du monde de la mode en réalisant un ensemble de quatre néons sur peinture illustrant le mot mode. Assurément, cette exposition ravira les amoureux de l'art comme ceux de la mode!

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