Envoyer L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic ne va pas révéler vendredi s'il plaide coupable ou non pour les chefs d'inculpation liés à son rôle dans la guerre de Bosnie (1992-1995), a indiqué jeudi son conseiller juridique à la télévision publique serbe (RTS).
Vendredi, le juge Iain Bonomy doit lui demander s'il plaide coupable ou non des onze chefs de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide pesant contre lui pour son rôle dans la guerre de Bosnie, qui a fait plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.
Radovan Karadzic "ne va pas dire ce qu'il plaide pour cette inculpation tant qu'une nouvelle (version), sur la base de laquelle il sera jugée, ne sera pas achevée" par le procureur, a déclaré son conseiller juridique Goran Petronijevic.
Avant la comparution initiale de M. Karadzic le 31 juillet, Serge Brammertz, le procureur du Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, avait indiqué qu'il introduirait "le plus rapidement possible" une nouvelle version, actualisée, de l'acte d'accusation, dont la dernière version date de 2000.
Lors de sa première comparution, l'inculpé avait choisi d'utiliser le délai légal de réflexion de trente jours auquel il avait droit.
Au cas très improbable où il plaiderait coupable, Radovan Karadzic échapperait à un procès et les juges n'auraient qu'à décider de sa peine. S'il refusait de répondre, le juge prononcerait en son nom un "non coupable" automatique.
Radovan Karadzic, 63 ans, a dénoncé dans plusieurs courriers au TPI des "irrégularités" lors de son arrestation et évoqué un "accord secret" avec les Américains, qui lui aurait permis d'échapper si longtemps à la justice.
Selon lui, Richard Holbrooke, le négociateur américain des accords de Dayton ayant mis fin à la guerre (novembre 1995), aurait promis qu'en échange de son retrait de la vie politique et publique, il ne serait pas poursuivi, ce que ce dernier a toujours démenti.
Radovan Karadzic, qui veut assurer lui-même sa défense, a été arrêté en juillet à Belgrade par les services secrets serbes au terme d'une traque de 13 ans. Il est considéré comme le cerveau du "nettoyage ethnique" lancé contre les Musulmans et Croates pendant la guerre de Bosnie.

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