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Des opposants campent devant le siège du gouvernement à Bangkok, le 28 août 2008

Des policiers anti-émeutes lors des manifestations anti-gouvernement à Bangkok, le 28 août 2008

Des moines bouddhistes assis en compagnie d'opposants lors du siège du gouvernement, le 28 août 2008 à Bangkok

Reportage en Thaïlande. Durée: 1mn43
Des échauffourées ont éclaté vendredi matin lorsque des policiers thaïlandais ont tenté de pénétrer à nouveau au siège du gouvernement à Bangkok, duquel ils avaient été expulsés pendant la nuit par des milliers de manifestants, selon une journaliste de l'AFP sur place.
Les bousculades se sont produites lorsque des protestataires ont essayé de repousser un millier de policiers armés de matraques et de boucliers à l'entrée de "Government House" qui abrite les bureaux du Premier ministre Samak Sundaravej.
Dans le même temps, plus de cent policiers ont réussi à pénétrer dans l'enceinte par derrière après avoir escaladé des barricades édifiées par les manifestants qui leur enjoignaient de partir.
"Vous ne faites rien pour le pays", ont scandé des protestataires.
Un haut responsable de la police a confirmé que des manifestants tentaient d'empêcher un "nouveau déploiement" des forces de sécurité.
Depuis mardi, des milliers de manifestants exigeant la démission de M. Samak occupent le siège du gouvernement à Bangkok.
M. Samak, qui n'est pas sur place, a promis de ne pas recourir à la force, malgré le sérieux défi posé par les protestataires nationalistes et royalistes qui appartiennent à l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD).
Pendant la nuit, les manifestants, dont le nombre était évalué à plus de 13.000 par les autorités, ont forcé un millier de policiers à quitter l'enceinte, ont déclaré vendredi des représentants des protestataires et des responsables de la police.
Le départ des forces de sécurité s'est déroulé sans violence, sous les applaudissements des manifestants, selon des images de la télévision thaïlandaise.
Jeudi, une cour criminelle avait lancé des mandats d'arrêt, notamment pour "trahison", contre neuf dirigeants et organisateurs du mouvement qui perturbe fortement depuis mardi l'activité gouvernementale, tandis qu'un autre tribunal leur a enjoint d'arrêter "immédiatement" leur action et de dégager les lieux.
Un des responsables visés par un mandat d'arrêt, Somsak Kosaisuk, a déclaré jeudi que les avocats du mouvement avaient fait appel des deux décisions de justice, en invoquant le "droit de manifester".
L'objectif de ces manifestants nationalistes et royalistes est d'obtenir le départ de M. Samak, qu'ils accusent d'être un "homme lige" de l'ancien homme fort de la Thaïlande, Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d'Etat en 2006 et réfugié en Grande-Bretagne.
M. Samak, 73 ans, élu confortablement en décembre dernier après seize mois d'administration militaire, a accusé les dirigeants de la PAD de chercher à provoquer une effusion de sang et un nouveau putsch. .
La presse thaïlandaise s'est montrée critique à l'égard de la PAD, rassemblement hétéroclite de divers groupes n'ayant qu'un point commun: leur haine de MM. Samak et Thaksin. Un sondage a révélé que la majorité des habitants de la capitale (68%) ne soutenait pas l'occupation du siège du gouvernement.
En 2006, la PAD avait contribué, par ses manifestations, à déstabiliser M. Thaksin avant son renversement par des généraux royalistes. A l'époque, elle bénéficiait d'un soutien notable parmi les habitants de Bangkok.
- Tags:
- Thaïlande, politique, manifestations

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