Envoyer La Serbie a fait jeudi un nouveau geste fort en direction de l'UE en décidant que ses ambassadeurs regagneraient leur poste dans les pays de l'Union qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo, le nouveau gouvernement de Belgrade affichant ainsi à nouveau son ambition européenne.
Le ministre serbe de l'Environnement, Oliver Dulic, en a fait l'annonce à la presse à l'issue de la réunion hebdomadaire du gouvernement.
Cette mesure permettra à Belgrade de "renforcer (sa) position diplomatique" et d'élargir les marges de manoeuvre de la Serbie dans les pays concernés, a ajouté le ministre.
Oliver Dulic a d'ailleurs désigné clairement l'objectif de cette décision, "obtenir le statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne d'ici la fin de l'année". L'ambition de Belgrade est de devenir membre de l'UE en 2012.
Le renvoi des ambassadeurs serbes dans plusieurs pays de l'Union survient peu après le développement spectaculaire représenté par l'arrestation à Belgrade, lundi soir selon les autorités serbes, de Radovan Karadzic, dont la justice internationale réclamait l'arrestation depuis son inculpation pour génocide en 1995.
La capture de l'ancien homme fort des Serbes de Bosnie représentait l'une des principales conditions des Européens pour mettre en oeuvre l'accord de stabilisation et d'association entre la Serbie et l'Union, considéré comme le premier pas vers l'Union.
L'UE et la communauté internationale ont décidé cependant de maintenir la pression sur Belgrade et insistent désormais sur l'arrestation de l'autre ancien responsable des Serbes de Bosnie, le général Ratko Mladic, en cavale aussi depuis le milieu des années 90.
Le nouveau gouvernement serbe, qui a prêté serment le 7 juillet, se déclare résolument pro-européen et fait une priorité de son intégration à l'UE.
Les ambassadeurs devraient rejoindre leur poste "dans le courant de la semaine prochaine", a précisé M. Dulic.
Belgrade avait décidé de rappeler ses ambassadeurs en poste dans les pays de l'UE qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo, proclamée le 17 février.
Vingt d'entre eux, sur les 27 que comprend l'Union, et au total plus d'une quarantaine de pays dans le monde, ont reconnu cette indépendance à ce jour.
Le rappel des ambassadeurs de Serbie avait constitué la principale mesure de rétorsion de Belgrade à l'encontre des pays de l'Union ayant reconnu l'indépendance du Kosovo.
La Serbie considère toujours le Kosovo comme l'une de ses provinces et s'oppose résolument, avec son alliée la Russie, à cette indépendance.
Le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, a assuré mardi à Bruxelles que son pays, tout en aspirant à l'Union et au statut de candidat dans un avenir proche, continuerait de défendre son "intégrité territoriale en utilisant tous les moyens diplomatiques et juridiques".
"La Serbie ne cèdera pas un millimètre de terrain, en utilisant tous les moyens politiques, diplomatiques et juridiques", a-t-il insisté.
Car le Kosovo devrait figurer au centre des préoccupations diplomatiques des prochaines semaines.
M. Jeremic doit se rendre vendredi à New-York pour une session du Conseil de sécurité de l'ONU où il compte présenter la position de son gouvernement sur le Kosovo, a-t-on appris auprès des services du ministre.
La mission européenne de policiers et juristes, Eulex, qui doit se déployer dans l'ensemble du Kosovo, a d'autre part bien du mal à démarrer en raison des objections de la Serbie et de la Russie. Le responsable de la mission, Yves de Kermabon, espère qu'elle sera pleinement opérationnelle à l'automne. Il était initalement prévu qu'elle relaie dès juin la mission de l'ONU qui administre le Kosovo depuis 1999.
La Russie a annoncé d'autre part qu'elle allait aider la Serbie à l'Assemblée générale de l'ONU, en septembre, à saisir la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye sur la légitimité de la proclamation d'indépendance du Kosovo.

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