Envoyer Les syndicats belges ont crié victoire lundi au terme d'une journée de grève d'"avertissement" contre la détérioration du pouvoir d'achat, qui, très largement suivie aussi bien dans les services publics que l'industrie, a fait tourner la Belgique au ralenti.
Bien qu'il se soit agi d'une "journée d'actions" diversifiées selon les régions et non d'une grève "générale", le mouvement, lancé par les syndicats CSC (chrétien), FGTB (socialiste) et CGSLB (libéral), a affecté largement Bruxelles et les autres grandes villes du pays comme Anvers et Gand en Flandre (nord), ou Charleroi et Liège, en Wallonie (sud).
Tramways, autobus et métros bruxellois ont été paralysés dans la capitale, Bruxelles, également siège des principales institutions de l'Union européenne. Les automobilistes venant de la périphérie avaient visiblement pris leurs précautions, évitant la formation de bouchons pires qu'à l'accoutumée.
Les chemins de fer ont été paralysés en Wallonie et très peu de trains ont roulé en Flandre.
Les Belges qui voulaient se rendre malgré tout à leur travail ont dû prendre leur vélo ou même y aller à pied, selon les médias belges.
Même si certains bureaux de postes ont ouvert, la grève a été massivement suivie et le courrier n'a pas été distribué. Les administrations publiques ont également fermé ou fonctionné au ralenti.
Les grandes usines ont souvent suivi le mouvement, comme Audi (automobile) et Sonaca (aéronautique) dans la région de Bruxelles, ou encore la sidérurgie à Charleroi. D'autres fabricants automobiles situés en Flandre --Opel à Anvers, Ford à Genk, ou Volvo à Gand-- avaient décrété de leur côté une journée de chômage technique.
Les syndicats, surtout en Wallonie, ont installé des piquets de grève devant des usines et des grandes enseignes commerciales, provoquant les protestations de l'association patronale des distributeurs.
Des grévistes ont distribué des tracts intitulés "avertissement au gouvernement et aux employeurs".
Thierry Bodson, secrétaire général de l'aile wallonne de la FGTB, a réitéré la demande d'une "diminution des coûts de l'énergie", via une baisse de la TVA sur l'essence, le mazout et le gaz.
Il a rappelé qu'en juin dernier quelque 100.000 personnes étaient déjà descendues dans la rue à travers le pays pour manifester leur colère contre l'accélération de la hausse du coût de la vie, en dépit du système d'indexation salarial.
La hausse des prix à la consommation en Belgique a atteint en septembre 5,46% sur un an.
L'autre grand syndicat, la CSC, a estimé que "la journée d'actions est une réussite".
Quelques rares incidents opposant piquets de grève et non-grévistes ont été signalés.
Le patronat s'est généralement indigné d'un mouvement faisant perdre de l'argent aux entreprises comme aux employés. Le parti libéral flamand VLD a dénoncé pour sa part une manoeuvre des partis socialistes flamand et francophone.
Même si très peu d'entre elles s'étaient mises spontanément en grève, la moitié des PME flamandes ont été affectées par la grève à divers degrés, selon sa confédération l'Unizo, qui a qualifié d'"irréaliste" le mouvement en ces temps de crise économique.
Les agences des banques de détail ont en revanche ouvert leurs portes, pour ne pas aggraver l'inquiétude résultant de la crise financière, au lendemain de l'annonce de la reprise de la principale banque du pays, Fortis, par la numéro un française BNP Paribas.

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