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11.10.08 à 12:56
John McCain le 10 octobre 2008 à Lakeville dans le Minnesota (centre-nord des Etats-Unis)

John McCain le 10 octobre 2008 à Lakeville dans le Minnesota (centre-nord des Etats-Unis)

Barack Obama le 10 octobre 2008 à Columbus dans l'Ohio (est des Etats-Unis)

Barack Obama le 10 octobre 2008 à Columbus dans l'Ohio (est des Etats-Unis)

Dans la course à la Maison Blanche, John McCain joue sur la peur avec son offensive anti-Obama, et le démocrate mise sur "l'espoir" en appelant à éviter la panique à Wall Street. Durée: 1mn03. USA,présidentielle,PREV

Dans la course à la Maison Blanche, John McCain joue sur la peur avec son offensive anti-Obama, et le démocrate mise sur "l'espoir" en appelant à éviter la panique à Wall Street. Durée: 1mn03.

Face à la stratégie de la peur de McCain, Obama continue de parler "espoir"

Dans deux styles opposés les candidats à la Maison Blanche viennent d'entamer leur dernière ligne droite en pleine crise financière: John McCain joue sur la peur avec son offensive anti-Obama, et le démocrate mise sur "l'espoir" en appelant à éviter la panique à Wall Street.

Jeudi à Portsmouth (Ohio, nord), alors que les marchés financiers s'enfoncaient à nouveau dans le rouge, à commencer par Wall Street, Barack Obama a cherché à apparaître présidentiel. "Ce n'est pas le moment de céder à la peur et à la panique, c'est le moment de montrer de la détermination et des capacités à diriger", a-t-il dit.

Vendredi, les marchés ont à nouveau ouvert à la baisse, et M. Obama a réitéré à Chillicothe (Ohio) son appel au calme et à "ne pas céder à la panique". "Nous pouvons nous rassembler pour rétablir la confiance dans l'économie américaine. Nous pouvons renouveler cette croyance fondamentale -- qu'en Amérique notre destin n'est pas écrit pour nous, mais par nous", a-t-il déclaré.

Il a également reproché à M. McCain sa politique de "colère et de division" faite "d'insinuations méchantes et d'attaques".

De fait, le candidat républicain a récemment multiplié les attaques personnelles contre M. Obama.

Depuis que la colistière de John McCain, Sarah Palin, a accusé samedi dernier le candidat démocrate de "copiner avec des terroristes ", le camp républicain ne perd pas une occasion de souligner les liens supposés entre M. Obama et Bill Ayers, un ancien militant dont le groupe a organisé une campagne d'attentats aux Etats-Unis dans les années 1960.

M. McCain lui-même, qui avait appelé Barack Obama "celui-là" au cours de leur dernier débat mardi à Nashville (Tennessee, sud), stigmatise de plus en plus le démocrate dans ses discours. Jeudi, encouragé par une foule remontée, au cours d'un meeting dans le Wisconsin (nord), il a insisté sur le danger posé par un homme politique ayant de "telles relations".

Deux clips de campagne de John McCain diffusés jeudi et vendredi mettent l'accent sur les relations supposées de M. Obama avec M. Ayers.

Celui de vendredi, intitulé "Ambition", fustige "l'ambition aveugle" du sénateur Obama. Il lie habilement le cas Ayers à une "mauvaise capacité de jugement" de la part d'Obama, trop risquée selon les républicains en cas de crise financière.

L'agitation par les républicains du "risque Obama" amène les démocrates à faire des mises au point: "Vous n'avez rien à craindre de Barack Obama", a dit vendredi le gouverneur de l'Ohio Ted Strickland lors du meeting du candidat démocrate à Chillicothe.

"Le camp McCain-Palin et malheureusement certains de leurs supporteurs veulent que vous ayez peur de Barack Obama", a-t-il dit. "Ils veulent que vous le perceviez comme n'ayant pas été mis à l'épreuve et comme inconnu", a ajouté M. Strickland.

La stratégie de la peur avait été payante en 2004 pour George W. Bush, lorsqu'il avait soulevé les craintes sécuritaires en pleine guerre contre le terrorisme de l'électorat féminin blanc.

Plus loin de nous, rappelle vendredi E. J. Dionne Jr., éditorialiste au Washington Post, lors de la campagne présidentielle de 1932, en plein milieu de la crise de 1929, le républicain Herbert Hoover avait joué de la stratégie de la peur contre Franklin Roosevelt. Ce dernier l'avait finalement emporté. "Il est trop tôt pour prédire si la campagne de 2008 finira comme celle de 1932", ajoute M. Dionne.

"Mais l'histoire suggère que dans les élections américaines, le candidat qui sous-estime son adversaire perd souvent, et l'espoir bat presque toujours la peur", conclut-il.

 

Auteur : WASHINGTON (AFP)

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