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Le Premier ministre russe Vladimir Poutine et le président bélarus Alexandre Loukachenko à Minsk, le 6 octobre 2008

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine (g) et le président bélarus Alexandre Loukachenko à Minsk, le 6 octobre 2008
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine s'est dit prêt lundi à soutenir l'économie bélarusse, le président Alexandre Loukachenko l'ayant assuré de son côté qu'il ne "marchandait" pas avec l'Occident.
"On raconte dans les médias que le Bélarus a commencé à marchander avec l'Occident. J'ai déjà dit aux Occidentaux et je vous le dis aujourd'hui : nous n'avons jamais marchandé et ne marchanderons jamais notre amitié avec les Russes", a déclaré M. Loukachenko, allié traditionnel de Moscou.
"Il est indispensable de donner une impulsion supplémentaire à nos relations", a ajouté le dirigeant bélarusse, qualifié de "dernier dictateur d'Europe" par les Etats-Unis, en recevant M. Poutine.
Les Occidentaux avaient promis de lever leurs sanctions à l'encontre de Minsk et évoqué une possible aide économique si les législatives du 28 septembre montraient quelques progrès démocratiques.
Alexandre Loukachenko, soupçonné de louvoyer entre Moscou et l'Occident, a alors envoyé de maigres signaux d'ouverture, insuffisants toutefois pour que l'OSCE juge ces élections libres et justes.
"La Russie est prête à approfondir sa coopération avec le Bélarus, à soutenir, si besoin est, le système financier bélarusse", a déclaré pour sa part le Premier ministre russe.
M. Poutine devait discuter de hausses du prix du gaz russe livré au Bélarus, qui reste inférieur aux tarifs du marché, ce qui rend ce pays de dix millions d'habitants d'autant plus dépendant du grand voisin russe.
Selon un accord conclu en 2006, le Bélarus, dont l'économie est restée largement étatique et tournée vers la Russie, achète le gaz russe aux deux-tiers du prix du marché, proportion qui doit passer à 80% en 2009, puis à 90% en 2010.
Pour compenser ces hausses, des négociations sont également en cours pour l'attribution d'un crédit d'environ deux milliards de dollars au Bélarus.
M. Poutine devait aussi aborder avec le président Loukachenko le possible déploiement d'éléments de défense antimissile dans l'ouest du Bélarus, selon l'agence russe Interfax.
Cette question est d'autant actuelle que les Etats-Unis et la Pologne, voisine du Bélarus, ont signé un accord en août pour l'installation d'éléments du bouclier antimissile américain sur le territoire polonais.
La Russie considère le Bélarus comme un avant-poste militaire, notamment depuis l'entrée des pays voisins de cette ex-république soviétique, la Pologne et les Etats baltes, dans l'Otan.
L'Ossétie du Sud et l'Abkhazie avaient toutes les chances de s'inviter dans les discussions russo-bélarusses, Minsk, malgré l'insistance de Moscou, tardant à reconnaître ces deux républiques séparatistes en Géorgie.
"Les chances d'une issue avantageuse pour Minsk des questions économiques bilatérales (gaz et crédit) pourraient être directement liées à sa disponibilité à reconnaître l'Ossétie et l'Abkhazie", relevait lundi le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta.
M. Poutine s'est rendu à Minsk pour assister à un conseil des ministres de l'Union russo-bélarusse, une structure créée pour renforcer l'intégration entre les deux pays mais qui peine à trouver sa véritable vocation.
Sa visite intervient alors que l'Union européenne a décidé de garder sa main tendue envers le Bélarus, malgré le maigre bilan démocratique des législatives. Le ministre bélarusse des Affaires étrangères, Sergueï Martinov, a ainsi été invité à Luxembourg le 13 octobre, en marge d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères.
Après le conflit armé russo-géorgien, les Occidentaux craignent que Moscou ne soit tenté d'imposer sa loi à d'autres voisins récalcitrants de l'ex-URSS, notamment l'Ukraine, si besoin est par la force.
Au Bélarus, la classe dirigeante redoute surtout que la Russie ne prenne le contrôle, peu à peu, des actifs économiques clés du pays, notamment industriels.

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