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Près d'Oujda, les drapeaux algérien et marocain se font face au poste frontière. /PHOTO AFP - 19 octobre 1999
L'ouverture des frontières terrestres entre l'Algérie et le Maroc est de nouveau sur la sellette. Le Maroc a appelé, jeudi dans un communiqué, l'Algérie a rouvrir sa frontière terrestre avec le royaume, fermée depuis 1994 et a une normalisation des relations entre les deux pays.
“Le Royaume du Maroc appelle dans l'amitié fraternelle et la sincérité totale a une normalisation des rapports bilatéraux et a une ouverture de la frontière entre les deux pays”, a indique le ministère marocain des Affaires étrangères. La réponse d'Alger ne s'est pas fait attendre.
Samedi, le Ministre algérien de l'Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, s'est empressé de répliquer en précisant que la réouverture de la frontière est “liée aux conditions qui ont présidé à sa fermeture”. Même son de cloche du côté du Président algérien, Abdelaziz Bouteflika.
Pour ce dernier, “l'ouverture interviendra lorsque seront levés tous les obstacles qui l'empêchent actuellement”. En parlant d'empêchements, Bouteflika faisait clairement allusion à la crise du Sahara qui continue d'envenimer les relations bilatérales entre les deux pays.
L'appel de Rabat survient après le 4ème cycle des négociations sur le conflit du Sahara entre le Maroc et le front Polisario sous l'égide de l'ONU qui n'a pas permis de dégager un accord sur une solution mutuellement consentie.
Chronologie
Pour rappel, la frontière terrestre entre le Maroc et l'Algérie a été fermée en 1994 à la suite d'un attentat islamiste à Marrakech que Rabat avait imputé aux services secrets algériens.
Le Maroc avait alors décidé de mettre en place des visas pour les ressortissants algériens en visite au Maroc. En guise de représailles, Alger avait fermé ses frontières avec le Maroc.
Les visas ont finalement été supprimés par le Maroc en 2005 et par l'Algérie en 2006, mais, dans les faits, la frontière est restée fermée.
Les différends entre Rabat et Alger bloquent par ailleurs les activités de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) qui regroupe également la Libye, la Tunisie et la Mauritanie.
Drame
Loin des tentatives des officiels de réouvrir les frontières algéro-marocaines, la situation sur le terrain est tout autre. Plusieurs éléments de la société civile avaient en effet lancé des appels pour interpeller l'Etat quant aux drame de la population riveraine de la frontière algéro-marocaine, particulièrement dans la région peuplée de l'oriental.
Presque toutes les familles de cette région ont en effet des parents de l'autre côté de la frontière. Pour rendre visite aux leurs, elles ne peuvent qu'emprunter les voies aériennes, et les quelques kilomètres qui les séparent se transforment en périple passant par Casablanca et Alger : décourageant en plus d'être particulièrement onéreux.
La traversée illégale de la frontière laisse les riverains tributaires du bon vouloir des passeurs, des autorités complices et surtout de leurs faibles moyens matériels.

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