Envoyer Le juge espagnol Fernando Andreu a décidé samedi dernier la mise en détention du narcotrafiquant international Mohammed Taieb Ahmed, alias "El Nene", dans l'attente de son extradition vers le Maroc.
Les autorités marocaines disposent de 40 jours pour remettre au juge Andreu, de l'Audience Nationale -la plus haute juridiction pénale- toute la documentation nécessaire pour l'extradition du trafiquant au Maroc, selon une source judiciaire. La décision d'extradition du ressortissant marocain devrait être prise par la suite par le Conseil des ministres espagnol.
El Nene a renouvelé sa carte "sans encombre"
Le journal "El Pais", daté de samedi, a indiqué que le narcotrafiquant marocain avait renouvelé sa carte de séjour en Espagne “sans encombre”, quelques jours seulement après son évasion de la prison de Kénitra en décembre dernier, avant qu'il ne soit arrêté mercredi à Sebta.
“A peine une semaine après son évasion du Maroc, El Nene s'est présenté dans un commissariat de Malaga et a renouvelé son DNI (carte de séjour) périmé, sans le moindre contretemps: Mohammed Taieb Ahmed est une vieille connaissance de la police, mais il n'avait aucune affaire devant la justice espagnole”, ajoute le journal.
Après avoir renouvelé sa carte de séjour, "El Nene", qui faisait l'objet depuis le 18 décembre dernier d'un mandat d'arrêt international émis par le Maroc, a organisé d'innombrables fêtes avec ses amis dans plusieurs villes espagnoles comme Marbella et Tarragona avant de retourner à Sebta où il a été arrêté mercredi dernier, relève El Pais.
30 millions
Selon les services de sécurité espagnols, les "affaires" d'El Nene lui ont rapporté une grosse fortune qui pourrait dépasser les 30 millions d'euros, mais en réalité, il s'est vanté lui-même à plusieurs reprises, qu'il avait "plus de millions que d'années".
Un responsable de la police espagnole a reconnu, dans une déclaration au journal, que le narcotrafiquant a été repéré à Sebta peu après son évasion de la prison de Kénitra où il purgeait une peine de huit ans de réclusion.
"El Nene", avant son évasion de la prison de Kénitra, était connu sous différentes identités. Après son arrestation, sous l'une de ces fausses identités, la police espagnole a demandé un relevé de ses empreintes digitales à Interpol pour vérifier qu'il s'agissait bien de la personne recherchée par les autorités marocaines.
"El Nene" (NDLR, "Le petit" en espagnol) est une vieille connaissance des services de sécurité espagnols qui le traquaient depuis son adolescence dans les rues de Sebta pour ses activités de trafic de drogue. Il avait même été persécuté à plusieurs reprises “par des hélicoptères et des vedettes rapides quand il prenait la fuite à bord de zodiacs très puissants chargés de résine de cannabis” en direction de l'Espagne, mais il avait toujours échappé aux services de police, de la Garde civile et des douanes.

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