Envoyer Selon le quotidien parisien Le Monde, c'est un chiffre alarmant qu'une enquête de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a rendu public le 26 août à Beyrouth.
95
Sur 95 travailleuses migrantes employées de maison mortes au Liban, entre le 1er janvier 2007 et le 15 août 2008, 40 se sont données la mort et 24 ont chuté d'étages élevés alors qu'elles tentaient de fuir.
L'enquête a été conduite auprès des représentations diplomatiques des pays dont sont originaires les victimes et d'amis de ces dernières. Le bilan n'est pas exhaustif, certaines ambassades et consulats ayant refusé de coopérer avec HRW.
L'enquête “suggère que le confinement forcé, la surcharge de travail, le harcèlement par les employeurs et les pressions financières” sont les principales causes qui conduisent ces employées de maison à préférer la mort à la vie, ou à tenter d'échapper à leur sort. Les victimes sont, dans leur majorité, de nationalité éthiopienne, d'après la liste des cas répertoriés obtenue par HRW et qui indique, dans nombre de cas, l'âge et la nationalité de chaque personne, ainsi que les causes du décès. On y relève notamment un taux très élevé de suicides par pendaison.
Les enquêtes conduites par la police sont souvent sommaires, note HRW, qui déplore que les chutes d'étages élevés soient classées comme suicides, alors que dans au moins deux cas, l'enquête auprès d'amis de la victime ou d'une employée qui a survécu à la chute, montre qu'il s'agissait de tentatives de fuite. La police prend par ailleurs pour argent comptant la version des faits telle que rapportée par les employeurs, sans chercher à la vérifier auprès d'autres sources.
200.000 employées migrantes
Avec une campagne d'information au printemps, HRW attirait déjà l'attention sur le fait que d'autres sont victimes de “non-paiement ou de retards de paiement des salaires, de confinement sur le lieu de travail, d'une alimentation inadéquate, ou encore d'abus verbaux, physiques ou sexuels”. Etant entendu qu'au Liban, les dispositions des lois du travail ne s'appliquent pas au personnel de maison.
HRW estime à près de 200.000 - dont une majorité de Sri-Lankaises - les employées de maison migrantes au Liban. Seules quelque 100.000 sont en situation régulière et détentrices d'une carte de travail.

Version imprimable
chargement...




