Envoyer La pratique de la Moto remporte depuis quelques temps un vif succès au Maroc. "Les Aigles de l’Atlas", association aujourd’hui connue dans le monde entier, est l’un de ces groupements qui promeut la moto. Rencontre avec le passionné Rachid Charaï, fondateur et président des "Aigles de l’Atlas."
Qu’est ce qui vous a conduit à fonder Les Aigles de l’Atlas et quelle est son histoire?
J’ai eu ma première moto, un solex, à l’âge de 13 ans et depuis ça a toujours été une passion pour moi. Depuis presque 15 ans, j’ai commencé à faire des excursions en moto et en 2004, je me suis dit : pourquoi ne pas créer carrément un club pour faire des sorties à plusieurs. Dès sa création, en 2004, nous avons commencé les raids avec un premier Casablanca/Zurich en deux jours pour soutenir la candidature de Maroc 2010. Puis nous avons fait, en 2004 et 2007 le raid des MRE (marocains résidants à l'étranger). Nous avons également escorté toutes les "courses féminines" depuis 2004 ("Courir pour le plaisir", course féminine à pied de Casablanca le 18 mai 2008.). Nous avons également contribué à de nombreux autres raids tels que le Raid du Sahara (le 6 novembre 2005 à l’occasion du 30ème anniversaire de la marche verte) ou encore le Raid de l’Amitié au départ de Rabat jusqu’à Dakar, en passant aussi par la Mauritanie ; soit 6859km aller/retour en 15 jours sous le haut patronage de sa majesté le roi Mohamed VI.
Pourquoi avoir appelé votre club de moto Les Aigles de l’Atlas ?
Quand on est sur une moto, on est libre comme un aigle et dans l’Atlas, il y a beaucoup d’aigles. Puis au Maroc, il y a beaucoup d’Atlas… (rire)
Comment fonctionne votre club et combien de membres compte t-il ?
Nous avons aujourd’hui 68 membres dispersés sur de nombreuses villes marocaines, de Marrakech à Tanger en passant par Casablanca ou encore Rabat. La formule d’abonnement est simple. Il faut tout d’abord avoir une moto, quelle que soit la marque, puis fournir l’ensemble des papiers classiques d’identité, une photo puis le paiement est de 1.000 Dh la première année, 500 Dh les années suivantes. Les membres payent ensuite une moyenne de 2.000 Dh pour les séjours de 3 à 4 jours en pension complète, seule l’essence n’est pas comptée. Chaque nouveau membre doit être parrainé par deux plus anciens.
Quelles activités proposez-vous ?
Nos sorties s’apparentent à des excursions familiales dans une ambiance conviviale. Nous organisons souvent des raids, jamais des courses, les week-ends. Nous partons souvent à 20 ou 30 personnes, parfois 50, et nous faisons environ 200 kilomètres. Les trajets sont toujours repérés par moi-même en avance et notés sur un « road book » (carnet de route) pour régler le temps de trajet, la qualité des routes et pour aviser les organes d’encadrement du raid (la sureté nationale, la gendarmerie royale, la protection civile, le ministère de la santé et le ministère de jeunesse et des sports).
Quels sont donc les maîtres-mots de votre club ?
Pour moi, la moto est une famille, de ce fait le respect total de la famille est crucial. Je n’hésite pas à renvoyer du club quelqu’un qui outrepasse les limites vis à vis du respect. L’important est également la rencontre entre les gens, faire connaissance par le biais d’une passion. Je veille pareillement à ce que chaque membre soit considéré de la même manière, qu’il n’y ait pas de distinction en fonction du statut. Il y a aussi la solidarité, nous faisons souvent de l’humanitaire. Lors de sorties, nous collectons cartables, habits, médicaments, livres…pour les redistribuer dans les lieux traversées. Nos maîtres-mots sont finalement, un peu comme le triptyque français : solidarité, égalité, fraternité. Nous sommes également heureux d’avoir permis l’augmentation des ventes de deux-roues au Maroc, et de permettre une nouvelle forme de tourisme aux marocains. La vigilance est également indispensable. Une vigilance de soi-même, des autres motards, des voitures et aussi des piétons.
A ce propos, les routes dans la région du grand Casablanca sont parmi les plus meurtrières du Maroc, à hauteur de 25% des accidents. Quelles sont, selon vous, les raisons des accidents ?
Le manque de respect du code de la route associé au manque de vigilance. Il faut faire attention aux piétons et aux voitures. L’alcool est également à proscrire. Et même si, en effet, il est parfois difficile de porter un casque lorsqu’il fait 35°, il est nécessaire dans ce cas-là de rouler très lentement. En définitive, toutes les routes du monde sont susceptibles d’être dangereuses…
Quelles sont les mesures prises à votre niveau en matière de sécurité routière ?
Il est impératif de respecter le code de la route et le port du casque. Avec ces deux mesures, les chiffres diminueraient notablement. De notre côté, nous essayons de sensibiliser par la conduite et la parole. Pour ce faire, nous prenons souvent des jeunes avec nous. Lors de ces raids, cela consiste en des « briefing » de sensibilisation où l’on explique la nécessité du port du casque, le respect de sa place dans le raid. Le raid est en effet strictement réglé : deux personnes en queue de file et un chef de file qui règle la cadence. Un mécanicien nous escorte toujours. Jusqu’à présent, je n’ai jamais vécu d’accidents dans mes raids. Avec toutes ces mesures, nous les évitons au maximum, il faudrait que ces dispositifs soient étendus.

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