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Plus de 262 milliards de dollars d'échanges quotidiens de devises sur le marché suisse
La Suisse constitue l'un des plus importants marchés mondiaux de change dans le monde avec un chiffre d'affaires quotidien de 262,6 milliards de dollars, soit 5 pc du total mondial, selon la Banque des règlements internationaux citée jeudi par le journal économique genevois +Le Temps+.
Les échanges quotidiens entre l'euro et le franc suisse représentent 80 milliards (2 pc) sur le marché helvétique qui est à égalité avec Singapour et Hongkong, tandis que ceux entre le dollar et la monnaie helvétique représentent 3 pc des échanges mondiaux qui atteignent chaque jour 4.000 milliards de dollars.
Pour les économistes, cette manne a de quoi mettre en perspective les interventions de la Banque nationale suisse (BNS) pour soutenir en particulier l'euro.
Toutefois, relève Bruno Jacquier, économiste d'une Banque privée de la place financière genevoise, les réserves en devises de la BNS, d'un peu plus de 200 milliards de francs, jugées "faramineuses" n'apparaissent plus si "énormes".
En comparaison avec les autres devises, -l'euro/dollar représente 28 pc des transactions-, les échanges entre le franc et la monnaie unique restent faibles. Le manque de profondeur du marché suisse fait également sa faiblesse, poursuit l'expert expliquant que lorsque le franc devient une monnaie refuge, les conséquences sur l'évolution du taux sont fortes.
Pour d'autres experts, cela montre que la BNS est une banque centrale comme les autres et que si les spéculateurs veulent la faire plier, ils en ont les moyens. Ce qui revient à dire, pour les financiers, que "la BNS ne fait que gonfler les volumes et que ses interventions, dans un marché aussi étroit, sont vouées à l'échec".
En trois ans, le chiffre d'affaires du marché mondial des changes a grimpé de 20 pc, selon le rapport trisannuel de la Banque des règlements internationaux (BRI), surtout, depuis 1998, date à laquelle l'institution a lancé ce sondage.
Le chiffre s'était envolé, passant de 1.527 milliards à 3.981 aujourd'hui, un montant supérieur aux marchés actions et obligataire additionnés.
Cette évolution ne surprend guère les spécialistes pour lesquels "le marché des changes a toujours été déconnecté de l'économie réelle, ce qui est vrai aussi pour les matières premières, car si leur volume se limitait aux transactions effectives, il serait très faible. En réalité, il est multiplié par la spéculation", expliquent-ils.



