Plan solaire: "Une bonne solution pour réduire la facture pétrolière du Maroc et développer une industrie locale"

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Des experts français ont souligné la pertinence de la nouvelle politique énergétique du Maroc qui mise sur le solaire à l'impact économique indéniable pour un pays dépourvu de sources d'énergie fossiles, ce qui lui permettra de réduire sa dépendance à l'étranger et partant sa facture pétrolière et gazière, tout en développant une industrie locale génératrice de l'emploi.

Ces spécialistes des énergies renouvelables ont relevé, dans des entretiens à la MAP, l'importance du plan solaire marocain qui devrait tirer profit de différents atouts dont dispose le Royaume pour le développement de cette énergie, en particulier la disponibilité de la ressource, le rayonnement solaire qui de plus est gratuit, avec tout ce que cela implique en terme de diminution du coût de l'énergie, notamment dans le cadre de la production de l'électricité.

"Avec le solaire, les prix vont baisser d'autant plus que la ressource n'est pas payée. Sur le long terme, avec un prix de l'électricité qui restera stable, c'est un bon investissement qui va se justifier de plus en plus. Et de ce point de vue je pense que le plan marocain se justifie parfaitement et c'est important pour le Maroc d'investir sur ce créneau", estime Jean-Pierre Joly, Directeur Général de l'Institut National de l'Energie Solaire (INES-France).

Pour cet expert dont l'institut est déjà associé au Maroc à un projet de recherche dans le domaine des centrales solaires thermiques à concentration, l'intérêt de ce plan "ambitieux" tient du fait qu'il garantit "un bon équilibre" entre les différentes technologies d'énergie, photovoltaïque et solaire à concentration, mais aussi par rapport aux technologies choisies qui correspondent à "la maturité technologies en cours".

De son côté, le consultant Laurent Dumarest, senior Partner chez le cabinet parisien A.T. Kearney S.A.S., a souligné que le Maroc répond parfaitement aux critères permettant d'identifier les pays à fort potentiel pour le développement de ce genre d'énergies renouvelables.

Outre des niveaux élevés de radiation, "supérieurs à ce qu'on a en Europe", le Royaume devrait voir ses besoins en énergie augmenter "considérablement" pour accompagner le développement de l'économie et l'amélioration des conditions de vie, une dynamique qui engendre forcément "plus de consommation d'électricité, à la fois individuelle que pour les applications économiques, le transport etc".

Les conditions de compétitivité sont également réunies pour le cas du Maroc, selon cet expert qui comme Joly l'incite à continuer à développer, aux côtés du solaire, d'autres sources d'énergie complémentaires pour satisfaire cette augmentation attendue de la consommation, à l'instar de "l'éolien sur le bord de l'Atlantique, du solaire photovoltaïque, voire même du solaire concentré".

Dans ces conditions, "il est évident que le Maroc doit développer son énergie solaire, qui va lui permettre in fine de réduire ses importations de pétrole et de gaz, de diminuer ses émissions production du CO2 et de développer une activité économique locale, même si ce n'est pas aujourd'hui au Maroc que l'on fabriquera des panneaux solaires, une industrie actuellement essentiellement concentrée en Asie, en Chine et en Corée".

En effet, les deux experts sont convaincus que par souci de compétitivité et d'efficacité, il est plus intéressant pour le Maroc de commencer par développer des filières à l'aval de la chaîne plutôt que la partie amont, très concernée par la concurrence.

"L'apport économique est essentiellement dans l'aval, c'est-à-dire tout ce qui a trait à la conception de projets, la construction, la production, la commercialisation et l'installation, où les opportunités dans de création d'emplois ne sont pas négligeables, comme c'est le cas en Allemagne où il y a pratiquement 124.000 personnes qui travaillent dans le photovoltaïque", a souligné M. Dumarest.

"De façon générale, tout ce qui est en aval de l'industrialisation (composants lourds) a intérêt à être produits localement. C'est à la fois des technologies du solaire concentré ou du photovoltaïque", acquiesce le directeur général de l'INES.

M. Joly a notamment évoqué les opportunités en termes d'attraction d'investissements étrangers, en particulier français, de transfert de technologies, tout en incitant sur l'importance d'accorder une attention particulière aux projets de recherche et développement.

Comme Dumarest, il considère qu'"il y a un pari à prendre sur l'industrialisation locale, car il ne faut pas oublier que ce type technologie d'énergies solaires est celui qui utilise le plus de main d'oeuvre locale".

"Cette équation fait que globalement, le Maroc a intérêt à se mettre sur ce créneau", a conclu le spécialiste français qui n'a pas manqué de souligner la portée "symbolique" du choix du Royaume pour le vol inaugural du premier avion solaire +Solar Impulse+ "tout à fait opportun" eu égard à sa volonté d'investir ce domaine, retracée dans son plan solaire.

MAP


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