Débat sur le projet nucléaire marocain
Sans le ministère de l'énergie

Dernière mise à jour :


Prévu initialement le 25 mars dernier, le débat sur le projet nucléaire du Maroc, initié par le collectif “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire” et l’association Planète Citoyenne, s'est tenu le 7 juin à Casablanca sur demande du ministère de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement. Cependant, le débat a eu lieu à sens unique, le ministère s'étant déprogrammé la veille.

Les organisateurs du débat prônent, à la place du nucléaire, le développement des énergies renouvelables./DR
Les organisateurs du débat prônent, à la place du nucléaire, le développement des énergies renouvelables./DR
Agrandir

Initialement prévu le 25 mars par le collectif “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire” et l’association Planète citoyenne, le débat sur le projet de construction d’une centrale nucléaire au Maroc à l'horizon 2020 a eu lieu, le 7 juin au Technopark de Casablanca, sur demande du ministère de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement. Pourtant, le ministère a été le grand absent de cette rencontre. Si l’on en croit le docteur Ghizlaine Ghallab, présidente du collectif “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire”, le ministère a annulé sa participation, avançant comme motif un “débat déséquilibré”.

“Sur la demande du ministère, on a renvoyé le débat au 7 juin… Aujourd’hui, je ne comprends pas cette politique de la chaise vide”, a expliqué le docteur Ghallab qui a dit “non a cette filière (nucléaire, ndlr) tant que l’on ne maîtrise ni les coûts, ni les déchets et les risques”.

Après avoir mis à nu ce qu’elle appelle la “face cachée” du nucléaire (énergie coûteuse, décarbonisée mais pas propre…), Ghizlaine Ghallab a appelé une fois de plus à un débat notamment sur la nécessité d’assumer collectivement le risque que représente le nucléaire.

“Le seul débat qui devrait avoir lieu dans ce pays, c’est celui de savoir si oui ou non les Marocains veulent assumer collectivement le risque d’un accident (nucléaire, ndlr) grave ou aussi minime soit-il.”

Dr Ghizlaine Ghallab, présidente du collectif “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire”.

Abondant dans le même sens, le philosophe Ali Benmakhlouf, professeur à l’Université de Nice Sophia Antipolis et membre de l’Institut international de philosophie, a brandi le principe de précaution selon lequel “en cas d’incertitude scientifique, il faut une prise de décision publique”.

“Un droit opposable”, selon Ali Benmakhlouf

Évoquant un rapport hollandais paru le 11 mars dernier, date de la catastrophe de Fukushima au Japon, dans lequel il est fait mention d’un “manque de plan d’urgence en cas d’accident nucléaire et d’un manque d’expériences pratiques à tous les niveaux”, M. Benmakhlouf de dire que “les règles de sécurité des différentes centrales nucléaires ne sont pas infaillibles…”. Pour lui, les citoyens ont “un droit opposable à une énergie que tout le monde n’aura pas décidé ”.

Pour ce faire, le philosophe, membre aussi du comité consultatif national d’éthique français, a proposé au collectif “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire” de créer des panels de citoyens, comme cela se fait au Danemark. En effet, a fait savoir M. Benmakhlouf, “il s’agit de lancer sur une année, des formations de 48 heures pour des citoyens renseignés par des experts du nucléaire. Ces citoyens avertis vont par la suite rédiger un rapport qui est soumis à discussion au Parlement avant toute décision”.

En attendant, le collectif compte “aller vers les gens ou se constituer en association”, pour se faire entendre davantage sur son opposition au projet de construction d’une centrale nucléaire prévu à l’horizon 2022 entre Safi et Essaouira.

Kisito Ndour

L'équipe de aufait accueille vos commentaires avec enthousiasme, et s'engage à respecter votre liberté d'expression. Par contre, afin d'éviter les abus et les contenus offensants, seuls les commentaires validés par notre équipe rédactionnelle seront publiés. Vous êtes priés de respecter la netiquette.

Vous avez droit à votre opinion, respectez donc celle des autres ! Merci.



newsletter





وجهة نظر، وجهات نظر أخر الأخبار العربية بالراي والتحليل