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Clôture de la 18e Conférence sur le Sida
Un traitement préventif suscite l’espoir, le manque d’argent inquiète
Optimisme pour la prévention et inquiétude quant aux financements de la lutte contre le Sida, tel est en somme le bilan en demi-teinte de la conférence internationale sur le Sida qui s'est terminée vendredi à Vienne en Autriche.
La 18e Conférence sur le sida s'est achevée vendredi 23 juillet à Vienne sur un bilan en demi-teinte./AFP
La 18e Conférence sur le sida s'est achevée vendredi à Vienne sur un bilan en demi-teinte: optimisme côté prévention, déceptions côté droits de l'Homme et forte inquiétude sur les financements, avec l'émergence d'idées nouvelles pour rebondir.
L'annonce de la mise au point d'un gel vaginal préventif incluant un anti-rétroviral, une réussite jamais vue depuis des années, a soulevé l'enthousiasme de près des 20.000 participants à la Conférence. Cependant, il faut encore que le succès se confirme, mais peu de chercheurs en doutent.
Il a fallu aussi admettre quelques échecs et déceptions.
On est encore loin de l'accès universel aux traitements auquel s'étaient engagés pour 2010 les pays de l'ONU, avec seulement 5,2 millions de personnes sous médication pour 10 millions - voire 15 millions selon les nouvelles normes internationales - qui en auraient besoin.
Pays pauvres en besoin...
Côté financements, les inquiétudes ont pesé sur la Conférence. Inlassablement le directeur du Fonds mondial pour le Sida, Michel Kazatchkine, a rappelé les besoins des pays pauvres, de 13 à 21 millions de dollars pour 2011-2013. Mais la crise ne favorise pas la générosité.
“Quand il y a une crise à Wall Street, des milliards et des milliards de dollars sont rapidement mobilisés. La santé des gens mérite une réponse financière équivalente et une priorité beaucoup plus haute.”
Julio Montaner, président sortant de l'IAS, organisatrice de la réunion.
L'inquiétude a suscité l'émergence d'idées nouvelles ou la renaissance de projets oubliés.
“On doit être plus créatif !”, “l'innovation est indispensable”, a lancé Michel Sidibé, président de l'Onusida. Il a suggéré que les pays “participent à la prise en charge de certains des coûts”. Comme une grande partie des congressistes, il a défendu l'utilisation combinée des outils de prévention tels que circoncision, préservatifs, éventuellement le gel microbicide, et aussi le traitement.
Car tout le monde a admis que donner plus tôt le traitement, qui réduit très fortement la quantité de virus, serait le meilleur moyen de bloquer la transmission.
Rapprochement des laboratoires
Mais comment distribuer les traitements tout au début de l'infection quand on n'a pas les moyens d'en donner à tous ceux infectés depuis longtemps qui en ont urgemment besoin ? Le Pr Kazatchkine a imaginé des aides de pays comme la Chine ou l'Inde - “on va réfléchir”, a dit la Chine - ou des financements innovants, comme des taxes sur les transactions financières.
Michel Sidibé, lui, a fait “un rêve”: celui d'un rapprochement des laboratoires pour produire une pilule unique, et bien sûr beaucoup moins chère.
La prochaine conférence internationale se tiendra du 22 au 27 juillet 2012 à Washington.


