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Lutte contre le Sida
La baisse de financements au cœur de la 18ème conférence internationale
Un climat d’inquiétude d’une baisse des financements a douché dimanche l’ouverture de la 18ème conférence internationale sur le Sida, qui se tient jusqu’au 23 juillet à Vienne. Une peur manifestée par les associations de lutte contre le Sida, qui n’ont pas manqué d’appeler à une utilisation plus efficace des fonds.
Des militants réclamant plus de financements pour les programmes de lutte anti-sida, à l'ouverture de la 18ème conférence, à Vienne./AFP
Le financement des programmes de lutte anti-sida dans les pays pauvres a baissé en 2009 de 7,6 milliards de dollars, contre 7,7 milliards de dollars en 2008, selon un rapport publié dimanche à Vienne, à l’ouverture de la 18ème conférence internationale sur le Sida. Des chiffres qui ont d’emblée suscité l’inquiétude sur la baisse des financements internationaux, manifestée par le secrétaire général des Nations unies, les associations telle que la fondation de Bill Clinton, qui a appelé à une utilisation plus efficace des fonds d’aide.
Dans son message d’ouverture, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon s’est dit “soucieux” que des gouvernements aient décidé de réduire leur aide. “Nous devons nous assurer que nos gains récents ne sont pas perdus”. “Santé et développement pour tous !”, a-t-il lancé.
Abondant dans le même sens, Julio Montaner, président de la Société internationale pour le Sida (IAS), a pointé du doigt les pays riches, qui n’ont pas hésité à soutenir les banquiers, quand la crise financière internationale s’est fait sentir.
“L'an dernier les pays riches n'ont eu aucun problème à trouver des milliards pour sauver les banquiers avides de Wall Street.”
Julio Montaner, président de l’IAS
En prélude de la cérémonie d’ouverture, une soixantaine de militants avaient envahi la scène, scandant des slogans réclamant davantage de financements. “Pas de marche arrière, des fonds pour l'aide”, réclamait une banderole géante. Une marche arrière que craint également Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial contre le Sida, qui s'est dit “extrêmement inquiet” concernant les engagements des pays donateurs pour les trois ans à venir, chiffrant la somme nécessaire à entre 13 et 20 milliards de dollars.
Un utilisation efficace des fonds
Sur la même lancée, l'ex-président américain Bill Clinton est intervenu hier, plaidant pour une utilisation plus efficace des fonds mobilisés en ces temps de crise économique. Bill Clinton, qui dirige une fondation intervenant auprès des laboratoires pharmaceutiques pour faire baisser leurs prix, a souligné qu’il faut diminuer le coût de l’aide.
“Dans beaucoup trop de pays, beaucoup trop d'argent va à trop de gens qui vont à trop de réunions, qui prennent trop d'avions pour faire trop d'assistance technique.”
Bill Clinton
Pour ce faire, l’ancien président américain a insisté sur la nécessité d'un changement de stratégie, avec le soutien direct aux plans nationaux de santé des pays en développement.
Traitements moins chers...
Et, Michel Sidibé, directeur exécutif d’Onusida d’appeler à plus d’efforts au vu des résultats dans la prévention et le traitement du Sida.“Alors que nous voyons les premiers succès dans la prévention et le traitement, il faut redoubler d'efforts, pas réduire les efforts”, a-t-il soutenu, préconisant des traitements moins chers et plus précoces et des thérapies plus simples.
Ces inquiétudes apparaissent alors que de nouvelles pistes se font jour dans la lutte contre la maladie. Une étude publiée dimanche préconise de commencer tôt le traitement, bien avant l'apparition de symptômes, pour empêcher la destruction progressive du système immunitaire.
Une autre étude souligne que placer les séropositifs sous trithérapie divise par deux le nombre de nouveaux cas d'infection au VIH, ce qui va dans le sens d'une utilisation des trithérapies pour réduire la transmission du VIH.
Ces nouveaux espoirs se heurtent cependant au coût que représenterait une utilisation généralisée des traitements.
Diminution du taux de prévalence du Sida
La prévalence du VIH chez les jeunes de 15 à 24 ans a chuté de 25% dans 15 des 25 pays les plus affectés au monde, a souligné mardi dernier le rapport annuel de l’Onusida. Une chute qui a atteint des proportions très importantes en Afrique subsaharienne où vivent 80% des jeunes contaminés par le VIH, soit 4 millions de personnes. Au Kenya par exemple, la prévalence du VIH a chuté de 60% entre 2000 et 2005 et de 47% chez les jeunes femmes enceintes dans les zones urbaines en Ethiopie, soutient le rapport. La chute de la prévalence est due selon le rapport, à l’adoption de comportements sexuels responsables, la réduction du nombre de partenaires multiples et surtout à une utilisation accrue du préservatif.


