Spéléologie avec l'asssociation Planète Citoyenne
Voyage dans les abysses de la grotte Dar el Baroud
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Dans le cadre de son plan d’action, l’association Planète Citoyenne a fait voyager samedi dernier une cinquantaine de personnes dans les abysses de la grotte Dar El Baroud, située à quelques encablures de Benslimane. Une sortie découverte aux abords de l’oued Charat, qui pose les jalons d’un tourisme durable que l'association encourage.
Dar El Baroud ou “la maison de la poudre” est une grotte juchée sur une crête d’environ 400 m, à quelques encablures de Benslimane. Le site surplombe l’Oued Charat et offre un beau panorama verdoyant à perte de vue. C'est sous un crachin qui adoucit un vent humide, que l’association Planète Citoyenne et sa cinquantaine d’invités arrivent à la porte de Dar El Baroud.
“Cette grotte a été découverte en 1920. Elle a fait l’objet de plusieurs fouilles archéologiques qui ont révélé qu’il y avait ici des gravures rupestres”, a lancé Mamoune Amrani Marrakchi, géographe spéléologue à l’université Hassan II de Casablanca et président-fondateur de l’Association marocaine de spéléologie.
“Spéléo-tourisme”
M. Amrani Marrakchi dit travailler dans la grotte de Dar El Baroud depuis plusieurs années, non seulement pour ses recherches en spéléologie mais également pour le développement du “spéléo-tourisme”. Une entreprise qui tient très à cœur à l’association Planète Citoyenne, dont la sortie de spéléologie n’était que la première pierre d’un chantier qui vise, à terme, à créer de l’emploi pour les populations riveraines des grottes.
Une telle action ne saurait qu’être bénéfique car elle aiderait à protéger les grottes qui, aux yeux du spéléologue, constituent “un patrimoine et une richesse scientifique de très grande importance”.
“Il faut former les populations riveraines des grottes et leur faire comprendre que la grotte peut leur rapporter un petit pécule, en les intégrant dans un tourisme durable et propre.”
Mamoune Amrani Marrakchi, géographe spéléologue.
Mais qu'ont ces grottes de si attrayant qu'on veuille y constituer une niche d’écotourisme?
A l’intérieur de Dar El Baroud, sur le flanc droit, se dresse une paroi haute d’environ 30 m au sommet de laquelle une petite ouverture laisse deviner le sommet de la montagne. Quelques traces d’eau sont visibles au bord d’une faille causée par l’usure. “En fait, il s’agissait d’une rencontre de plusieurs dalles qui, sous l’effet de l’eau, a créé une paroi. Depuis des milliers d’années, l’eau suivait le point faible de la roche, créant d’abord une fissure qui s’est élargie jusqu’à former une paroi comme on le voit en ce moment ”, explique Mamoune Amrani Marrakchi.
Dar des chauves-souris
À gauche de la paroi verticale, s’ouvre un petit tunnel long d’à peine 10 m. C’est l’entrée qui mène directement dans les abysses de Dar El Baroud, et au bout de laquelle, munis de lampes frontales, les visiteurs découvrent les secrets de la grotte. La température à l’intérieur contraste avec le froid à l’extérieur. Au-dessus de nos têtes, d’infimes cavités noires captent l’attention. “Les nids des chauves-souris”, affirme M. Amrani Marrakchi.
Des chauves-souris, principaux mammifères vivant dans les grottes, le Maroc en compte 29 espèces, selon le spéléologue, qui déplore que ces dernières ne soient pas protégés et soient souvent victimes des travaux d’archéologues qui n’hésitent pas à user de la dynamite pour en débarrasser les parois.
Tout en scrutant les parois de Dar El Baroud, Mamoune Amrani Marrakchi soutient que la grotte est “un patrimoine et une richesse scientifique.”
L’historique des séismes et de la climatologie peut être étudié dans la grotte.
La spéléologie (science des cavernes), c’est aussi l’étude de l’eau, renseigne notre guide. Et d’expliquer qu’avec la rencontre de l’air qui vient de l’océan, chargé d’eau, et l’air sec qui émane de la grotte, le premier libère son eau par condensation. Il en résulte la formation de plusieurs sources d’eau. D’où l’importance, selon le spéléologue de protéger les grottes, “qui permettent à un pays de connaître son réservoir d’eau et mieux le gérer dans le futur”.
1.000 grottes
Dar El Baroud, tout comme les 1.000 grottes connues au Maroc, constitue un patrimoine et une richesse scientifique à protéger ipso facto. Une protection qui peut avoir comme socle le tourisme rural ou l’écotourisme en développement au Maroc.
Inscrite dans cette lancée, l’association Planète Citoyenne entend en faire bénéficier les populations riveraines des grottes.
“Dans le plan d’action de Planète Citoyenne, on a une rubrique écotourisme dans laquelle il y a plusieurs types de sorties prévues dans le cadre de partenariats avec plusieurs organismes: l’association marocaine de spéléologie, le GOMAC pour l’ornithologie, Surf Rider…. On est dans une logique de développement durable”, nous fait savoir Mehdi Alaoui Mdaghri, président de Planète Citoyenne. En fait, explique-t-il, “l’idée est de créer à terme de l’emploi pour les populations riveraines, qui pourront s’occuper de l’entretien de la grotte et aussi faire de la restauration.”
Après Dar El Baroud, Planète Citoyenne entend donner des ailes au développement durable avec une découverte ornithologique à Sidi Baharba prévue dans les mois à venir.
http://planetecitoyenne.org



