Syrie: dix-huit personnes tuées dans un immeuble bombardé près d'Alep

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Un enfant syrien est soigné le 2 septembre 2012 dans un hôpital d'Alep
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Carte de la Syrie localisant al-Bab où 18 personnes ont été tuées lundi dans un bombardement aérien
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Des rebelles syriens dans la ville de Harem, non loin de la frontière turque, le 2 septembre 2012
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Le secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon (g) et Lakhdar Brahimi,médiateur de l'ONU en Syrie, le 24 août 2012 à New York
Le secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon (g) et Lakhdar Brahimi,médiateur de l'ONU en Syrie, le 24 août 2012 à New York
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Les forces du régime ont bombardé lundi la ville rebelle d'Alep, dans le nord de la Syrie, et tué, selon une ONG, au moins 18 personnes réfugiées dans un immeuble, le conflit prenant une tournure de plus en plus sanglante avec un mois d'août le plus meurtrier en 17 mois de révolte.

Un attentat à la voiture piégée a également frappé lundi une localité principalement chrétienne et druze dans la banlieue de Damas, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), précisant que des rapports non confirmés faisaient état de blessés.

Ces violences sont intervenues au lendemain d'un nouvel appel des monarchies du Golfe à un transfert pacifique du pouvoir en Syrie face à l'intransigeance du régime dans un conflit qui ne cesse de s'aggraver avec un bilan record en 17 mois de 5.000 victimes pour le seul mois d'août.

Le Comité international de la Croix-Rouge a annoncé lundi que son nouveau président, Peter Maurer, était en route pour Damas, où il doit rencontrer le président syrien Bachar al-Assad.

Face à l'incapacité de la communauté internationale à faire cesser les violences qui ont fait plus de 26.000 morts, en majorité des civils, depuis le début de la révolte en mars 2011, Lakhdar Brahimi, attendu "bientôt" à Damas, selon les autorités, a affirmé que sa mission était "presque impossible".

M. Brahimi a remplacé en tant que médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan qui a démissionné le 2 août après l'échec de ses efforts pour un règlement du conflit en Syrie en invoquant notamment un manque de soutien des grandes puissances.

L'ancien chef de la diplomatie algérienne a indiqué, sur la BBC, "craindre cette lourde responsabilité". "Les gens disent déjà 'des gens meurent et que faites vous'?", a-t-il ajouté estimant que sa mission était "presque impossible".

Lundi matin, 18 personnes qui s'étaient réfugiées dans un immeuble ont été tuées dans le bombardement mené par un avion de combat dans la localité d'al-Bab, près d'Alep (nord), a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dix hommes, six femmes et deux enfants, un garçon et une fille, figurent parmi les victimes, a précisé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le président de l'OSDH, une organisation installée en Grande-Bretagne et qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins.

Ville de 80.000 habitants à 30 km au nord-est d'Alep, al-Bab sert de base arrière aux rebelles engagés depuis six semaines dans une bataille cruciale contre les forces gouvernementales dans la grande métropole du nord de la Syrie.

Vendredi, une série de raids aériens sur cette localité avait fait 12 morts selon l'OSDH et une source médicale.

L'agence officielle Sana rapporte pour sa part lundi que les "courageuses forces armées ont continué à pourchasser les terroristes, qui ont subi de lourdes pertes" dans la province d'Alep.

De grandes quantités d'armes et de munitions ont été saisies, et l'armée a aussi "détruit des camionnettes équipées d'armes lourdes à Kafr al-Hamra, à l'entrée nord d'Alep", ajoute l'agence.

Dimanche, les violences ont fait au moins 132 morts à travers le pays, dont près d'une centaine de civils. Plus de 26.000 personnes ont été tuées depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011, dont 5.440 en août, le mois le plus meurtrier du conflit, selon l'OSDH.

Absence de consensus

Annonçant pour "bientôt" la visite à Damas de Lakhdar Brahimi, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, a prévenu dimanche que le médiateur international devra écouter les responsables syriens.

"Nous allons l'écouter et il va lui aussi nous écouter", a déclaré Jihad Makdissi sur la chaîne libanaise NBN, attribuant à la communauté internationale "la responsabilité" de la poursuite des violences en Syrie.

"Toutes les raisons qui ont conduit à l'échec de la mission (de l'ancien médiateur international Kofi Annan) ne sont pas liées à la Syrie. La raison essentielle était l'absence de consensus au sein de la communauté internationale", a-t-il relevé.

M. Makdissi a en même temps accusé "les puissants membres du Conseil de sécurité de l'ONU de vouloir décourager le dialogue" avec l'opposition en Syrie, où la révolte contre le régime de Bachar al-Assad, durement réprimée, s'est militarisée au fil des mois.

Dans une interview samedi à la chaîne Al-Arabiya, M. Brahimi a indiqué que le changement en Syrie était "inévitable", tout en se gardant d'appeler au départ du président Assad, décidé à écraser à tout prix la rébellion.

Appelant toutes les parties à cesser la violence, M. Brahimi a jugé que le pouvoir assumait une "plus grande" part de responsabilité dans l'arrêt des hostilités.

Il a aussi estimé qu'il était "trop tôt pour évoquer l'envoi de troupes arabes ou internationales en Syrie" car "une intervention militaire signifierait l'échec du processus politique".

Réunis dimanche à Jeddah (ouest de l'Arabie saoudite), les six monarchies arabes du Golfe ont appelé à un "transfert pacifique du pouvoir" en Syrie et pressé "la communauté internationale d'assumer ses responsabilités et de prendre des mesures efficaces pour protéger les civils" dans ce pays.

Les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, en première ligne dans la bataille diplomatique contre le régime de Damas ont aussi "dénoncé la poursuite des massacres en raison de l'obstination du régime à utiliser toutes les armes lourdes, dont les avions et les chars".

La réunion a proclamé son appui au nouveau médiateur international et souligné "l'importance d'élaborer une nouvelle stratégie et un plan clair visant à réaliser un transfert pacifique du pouvoir".

AFP


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