Conflit en Syrie
Double attentat suicide et violents combats à l'état-major à Damas
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Des combats d'une intensité sans précédent depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad opposaient mercredi à Damas rebelles et militaires au sein du complexe de l'état-major, visé le matin même par une double attaque revendiquée par Tajamo Ansar al-islam (Rassemblement des partisans de l'islam). Selon une ONG syrienne, le conflit a maintenant dépassé les 30.000 morts en 18 mois.
Des soldats syriens près du complexe de l'état-major, à Damas, visé le 26 septembre 2012 par deux explosions. /AFP
Un groupe islamiste anti-régime a revendiqué, hier, le double attentat mené mercredi matin contre le siège de l'état-major syrien à Damas, affirmant que cinq de ses combattants avaient été tués, dont un kamikaze.
Dans un communiqué, l'armée syrienne a affirmé que l'ensemble des commandants militaires de l'état-major étaient “sains et saufs”, suite aux explosions qui ont visé le siège de l'état-major, à quelques mètres de la place fortifiée des Omeyyades.
L'armée ne fait pas état de combats mais précise que “les attaques ont été accompagnées de tirs sans discernement aux abords du siège et les rues adjacentes pour terroriser les civils”.
Toutefois, une source militaire a affirmé que “quatre gardiens de la sécurité ont été tués et 14 civils et militaires blessés, dans les deux explosions terroristes”.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état, de son côté, de violents combats entre rebelles et militaires à l'intérieur du siège de l'état-major, parlant de morts dans les deux camps, suite à ces explosions, survenues pourtant dans une zone ultra-sécurisée.
Selon Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, il s'agit des “combats les plus violents au coeur de Damas depuis le début de la révolte et de l'attentat le plus violent dans la capitale depuis celui du 18 juillet”, qui avait visé le bâtiment de la Sécurité nationale, et qui avait été revendiqué par l'Armée syrienne libre (ASL).
“Quand il y a des explosions et des combats à l'intérieur même de l'état-major, cela veut dire que c'est le haut commandement militaire en Syrie qui est frappé au cœur”.
Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.
Dans un communiqué diffusé sur internet, la branche de Damas de Tajamo Ansar al-islam, affirme qu'un kamikaze a fait exploser sa voiture à l'entrée principale du bâtiment, et que des bombes placées au troisième étage avec l'aide de militaires, ont été actionnées.
Un journaliste iranien tué
Alors qu'ils se rendaient sur place pour couvrir ces explosions, un journaliste de la chaîne de télévision iranienne anglophone Press TV a été tué par un sniper et le chef du bureau à Damas de cette même chaîne, un Libanais, a été blessé par balles.
Toujours dans la capitale, au moins 16 personnes, dont six femmes et trois enfants, ont été exécutées à leur domicile, par des miliciens pro-régime dans le quartier sunnite de Barzé (nord), selon l'OSDH.
Doha pour une intervention militaire
Ces violences interviennent au lendemain de l'ouverture à New York de l'Assemblée générale de l'ONU devant laquelle, le secrétaire général de l'organisation Ban-Ki moon a évoqué, parlant de la Syrie, un “désastre régional avec des implications mondiales”. Il a réclamé dans le même temps, l'arrêt de l'afflux d'armes aux deux camps.
Après 18 mois d'un interminable conflit qui a fait plus de 30.000 morts, le Qatar a appelé à une intervention militaire de pays arabes en Syrie, constatant que “tous les moyens avaient été employés (...) en vain”. Pour sa part, le président américain Barack Obama a déclaré que le régime Assad devait “prendre fin” et appelé à des sanctions en cas de poursuite de la répression.

