Etats-Unis: Washington s'accroche à son refus d'armer les rebelles syriens

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Les Etats-Unis ont accru leur assistance aux rebelles syriens mais ils refusent toujours de fournir directement des armes à l'opposition pour éviter d'envenimer un conflit déjà complexe.

La démission jeudi de Kofi Annan de son poste de médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie après cinq mois d'efforts infructueux compromet les tentatives diplomatiques pour parvenir à une transition politique et intervient au moment où les appels à une implication plus vigoureuse des Etats-Unis notamment se multiplient.

Experts et élus américains posent désormais ouvertement la question d'une aide militaire des Etats-Unis à l'opposition, mais l'administration Obama est réticente à s'embarquer dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient à moins de 100 jours de la présidentielle du 6 novembre.

"Notre position n'a pas changé: nous fournissons une assistance non létale à l'opposition", a assuré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney. "Nous ne pensons pas qu'augmenter le nombre d'armes en Syrie soit ce qu'il faut pour parvenir à une transition pacifique", a-t-il dit jeudi.

Mercredi, des médias américains rapportaient que Barack Obama avait signé un document autorisant un soutien de la CIA aux opposants pour faciliter les contacts entre groupes de rebelles, leur fournir des renseignements, des moyens de communication.

Et jeudi, Barack Obama approuvait l'octroi de 12 millions de dollars d'aide humanitaire supplémentaires pour soutenir les Syriens qui doivent faire face aux "atrocités horribles" de Bachar al-Assad.

La révolte populaire contre le régime Assad a déjà coûté la vie depuis mars 2011 à plus de 20.000 personnes, dont de nombreux civils, et suscité la crainte que Damas ne fasse usage de ses armes chimiques.

"Notre stratégie a des effets"

Craignant un bain de sang à la suite d'un éventuel départ d'Assad, Washington insiste sur le fait qu'ajouter plus d'armes à celles qui sont déjà dans le pays ne ferait qu'alimenter les violences.

"Notre analyse est que les capacités du régime sont en train de s'affaiblir, que les soldats de l'armée syrienne sont de plus en plus démoralisés et que l'opposition gagne du terrain", a souligné Patrick Ventrell, un porte-parole du département d'Etat.

"Cela veut dire que notre stratégie a des effets", a-t-il dit.

Mais si Washington ne fournit pas directement d'armes aux rebelles, certains de ses alliés le font. "Le fait est que les rebelles obtiennent du soutien, il y a une stratégie pour voir le régime tomber", a expliqué à l'AFP Reva Bhalla, de Stratfor, une société spécialisée dans le renseignement.

"Les Etats-Unis ne cachent pas le fait qu'ils sont très impliqués là-bas et utilisent des canaux de couverture comme le font la Turquie ou les Saoudiens", a-t-elle ajouté, soulignant que les rebelles semblent désormais combattre avec des armes lourdes, ce que du reste les observateurs de l'ONU ont confirmé, au moins dans le cas de la ville d'Alep.

"Soyons réalistes: ces armes arrivent entre les mains des rebelles, même si elles ne viennent pas directement des Etats-Unis", a-t-elle souligné.

Malgré la démission de Kofi Annan, Washington a redit son attachement au plan de sortie de crise de l'ex-secrétaire général de l'ONU, "un cadre que nous soutenons toujours, et dans lequel il faut continuer à avancer", selon Patrick Ventrell.

AFP


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