Syrie: raid dévastateur près d'Alep, l'ONU dénonce des crimes des deux côtés

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Un jeune Syrien montre des bâtiments écroulés après des bombardements, à Azaaz, près d'Alep, le 15 août 2012
Un jeune Syrien montre des bâtiments écroulés après des bombardements, à Azaaz, près d'Alep, le 15 août 2012
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Des Syriens fuient les environs d'Alep, le 15 août 2012
Des Syriens fuient les environs d'Alep, le 15 août 2012
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Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite (c) aux côtés du président turc Abdullah Gul (d) et du sultan du Brunei (g) le 14 août 2012 à La Mecque lors d'un sommet de l'OCI
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Carte de la Syrie localisant les villes d'Azaz et Houla
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L'ONU a estimé mercredi que le pouvoir et dans une moindre mesure les rebelles avaient commis des crimes de guerre en Syrie, où un raid aérien dévastateur a fait plus de 30 morts dans une ville près d'Alep (nord).

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), le raid mené par un avion qui a brisé le mur du son avant de tirer des missiles contre Azaz, une ville rebelle de 70.000 habitants près de la frontière turque, a fait au moins 31 morts et plus de 200 blessés.

"Beaucoup de gens sont encore piégés sous les décombres, la situation est horrible", a déclaré le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Alors que la Syrie entre dans le 18e mois d'une révolte qui s'est militarisée face à la répression, faisant plus de 23.000 morts selon l'OSDH, les dirigeants du monde musulman doivent annoncer dans la soirée s'ils suspendent la Syrie de l'Organisation de la conférence islamique (OCI).

A Azaz, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de personnes escalader en criant les décombres à la recherche de survivants. Selon lui, une dizaine d'habitations ont été rasées. A l'hôpital de la ville, il a vu les corps sans vie de plusieurs très jeunes enfants.

"Toutes ces maisons étaient pleines de femmes et d'enfants qui dormaient en raison du jeûne du ramadan. Même Israël n'oserait pas faire une chose pareille", a dénoncé un habitant, Abou Omar, un ingénieur de 50 ans.

"Les morts sont des civils et des combattants, mais ce qui est clair c'est que c'était une base de l'Armée syrienne libre" (ASL, qui regroupe des déserteurs et des civils ayant pris les armes), a expliqué M. Abdel Rahmane.

L'attaque a provoqué un vent de panique dans la ville, et des centaines de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, se pressaient mercredi soir à la frontière turque toute proche, selon le journaliste de l'AFP.

Le raid a aussi eu des répercussions au Liban, dans la mesure où il a "grièvement blessé" quatre membres d'un groupe de 11 pèlerins chiites libanais enlevés en mai dans le nord de la Syrie.

L'annonce erronée de leur mort par des médias libanais a provoqué le chaos dans des zones chiites au sud de Beyrouth. Des hommes armés ont enlevé des dizaines de syriens et vandalisé leurs biens, selon l'Agence nationale d'information (ANI).

Des proches d'autres chiites libanais retenus en Syrie ont également enlevé des dizaines de Syriens pour réclamer la libération des leurs.

Des manifestants chiites ont bloqué la route de l'aéroport en brûlant des pneus et un des hommes présent sur place, vêtu de noir et affirmant s'appeller Ali Mouqdad, a lancé aux manifestants: "N'attaquez personne mais si vous voyez un Saoudien ou un Qatariote, faites-le moi savoir".

Tensions au Liban

Le conflit en Syrie divise profondément le Liban voisin, pays à l'équilibre confessionnel très fragile, notamment entre des chiites qui expriment leur sympathie pour le régime alaouite - une émanation du chiisme - et des sunnites qui penchent vers les insurgés.

Les Emirats arabes unis et le Qatar ont officiellement appelé mercredi leurs ressortissants à quitter "immédiatement" le Liban en raison du contexte de tension lié au conflit syrien. L'Arabie saoudite a fait de même, selon des médias libanais.

A Genève, un nouveau rapport de la Commission d'enquête de l'ONU a accusé les forces gouvernementales syriennes et les Chabbiha (milices pro-régime) de crimes contre l'humanité, dont des meurtres et des tortures, tout en estimant que l'opposition armée était également coupable de crimes de guerre, mais à moindre échelle.

La commission note une "détérioration significative de la situation depuis le 15 février", et prépare pour septembre "une liste confidentielle d'individus et d'unités" qui pourrait servir de base à d'éventuelles poursuites devant le Tribunal Pénal International (TPI).

En visite à Damas, la responsable de l'humanitaire à l'ONU, Valerie Amos, a affirmé mercredi que la situation en Syrie était de plus en plus précaire et que quelque 2,5 millions de Syriens pourraient actuellement être dans le besoin, contre un million fin mars.

A Damas, un attentat à la bombe revendiqué par les rebelles a visé un bâtiment de l'état-major et une fusillade a éclaté mercredi près des bureaux du Premier ministre.

L'ASL a revendiqué l'attentat en expliquant qu'il visait "à remonter le moral de l'ASL et à dire à Bachar al-Assad et à son commandement que nous pouvons mener des opérations bien étudiées car nous savons ce qui se passe dans leurs rangs".

A Alep, où rebelles et troupes syriennes se livrent une guerre ouverte depuis près d'un mois, un nouveau front s'est ouvert dans le quartier Ouwayja (nord-est). Les combats ont commencé vers 10H30 (07H30 GMT), selon un journaliste de l'AFP sur place, qui a évoqué des bombardements terrestres et aériens sur le quartier.

De durs combats ont également eu lieu à Salaheddine, dont les autorités ont affirmé avoir repris le contrôle il y a quelques jours.

"La stratégie, c'est de les harceler jusqu'à l'épuisement plutôt que de mener de grandes opérations" dans cette ville dont certaines rues étaient jonchées de dizaines de cadavres de rebelles ou de soldats, a ajouté cette source.

A travers le pays, les violences ont fait mercredi au moins 156 morts, dont 107 civils, 32 soldats et 17 rebelles, selon l'OSDH.

AFP


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