Attentat suicide contre le régime à Damas :Le pouvoir syrien décapité - Veto annoncé à l'ONU

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Les ministre et vice-ministre syriens de la Défense et le chef de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte en Syrie ont été tués mercredi et de nombreux officiels blessés, dans un attentat inédit contre de hauts responsables de premier plan à Damas, où de violents combats faisaient rage. Ce soir, le Conseil de sécurité doit se prononcer sur un projet de résolution pour lequel la Russie a d'ores et déjà annoncé son veto.

Le ministre syrien de la Défense, le général Daoud Rajha, a été tué hier dans un attentat kamikaze, en pleine réunion de ministres et de responsables militaires et de sécurité. /DR
Le ministre syrien de la Défense, le général Daoud Rajha, a été tué hier dans un attentat kamikaze, en pleine réunion de ministres et de responsables militaires et de sécurité. /DR
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Capture d'écran d'une vidéo diffusée sur YouTube le 17 juillet 2012 montrant de la fumée s'élevant au-dessus d'un quartier de Damas
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Des pneus enflammés mis en place par les opposants au régime syrien bloquent  une rue à Damas le 16 juillet 2012
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Des immeubles détruits dans un quartier de Homs le 16 juillet 2012
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Le pouvoir a été décapité, hier en Syrie, où les premiers hauts responsables du régime sont tombés, mercredi, depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad en mars 2011, lors d'un attentat suicide contre le siège de la Sécurité nationale.

Les symboles de la répression touchés au cœur

Le ministre syrien de la Défense, le général Daoud Rajha, le général Assef Chawkat, vice-ministre de la Défense et beau-frère du président, le général Hassan Turkmani, chef de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte en Syrie, ont en effet été tués, et plusieurs officiels blessés, dont le ministre de l'Intérieur, dans cet attentat inédit à Damas, qui a visé le bâtiment ultra-protégé de la Sécurité nationale, symbole de la répression, situé dans le centre de Damas, a affirmé la télévision syrienne.

“C'est l’État et toutes ses institutions qui sont visés. C'est une guerre ouverte contre tous les Syriens”, a commenté un député. Accusant les États-Unis et leurs “instruments” à l'intérieur, ce dernier a souligné qu'il y a “des parties extérieures qui œuvrent pour la destruction de l’État syrien”.

L'armée a affirmé dans un communiqué que “cet acte terroriste renforce la détermination de nos forces armées à nettoyer la patrie des restes des bandes terroristes”.

Deux revendications

Deux groupes distincts ont revendiqué l'attentat. Le groupe islamiste Liwa al Islam (brigade de l'islam), a indiqué sur sa page Facebook “avoir ciblé la cellule nommée la salle de contrôle de crise dans la capitale damascène”. Un porte-parole de ce groupe a confirmé la revendication par téléphone à l'agence Reuters.

L'Armée syrienne libre (ASL) s'est également attribué la responsabilité de l'attaque. Son porte-parole a souligné: “Voici le volcan que nous évoquions, ce n'est que le début”.

D'après une source proche des services de sécurité syriens, le kamikaze auteur de l'attentat serait un garde du corps appartenant au cercle proche du pouvoir. Il aurait actionné sa charge explosive en pleine réunion de ministres et de responsables militaires et de sécurité.

Les combats font rage à Damas

Les violents combats qui se déroulent depuis dimanche soir dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale, impliquant des hélicoptères du régime, faisaient toujours rage, hier à Damas, entre l'armée régulière et l'ASL.

Mercredi, des colonnes de fumée noire étaient visibles à plusieurs endroits au-dessus de la capitale. Selon des habitants, de nombreuses explosions ont été entendues du côté de la base militaire qui abrite la division armée dirigée par le frère du président al-Assad.

Veto attendu à l'ONU

Sur le plan diplomatique, dans une énième tentative pour faire cesser les violences, un vote au Conseil de sécurité de l'ONU est prévu ce soir sur un projet de résolution déposé par les Européens et Américains.

La Russie, qui a qualifié les combats en cours de décisifs, a clairement annoncé qu'elle mettrait son veto à ce texte qui signifierait le soutien de l'ONU à une “révolution”.

Le projet de résolution menace Damas de sanctions s'il ne renonce pas à utiliser ses armes lourdes contre l'opposition, tout en prolongeant pour 45 jours la Mission des observateurs de l'ONU en Syrie (Misnus) qui expire officiellement ce vendredi.

Selon des diplomates, la Russie ne pourrait pas non plus recueillir les neuf voix, sur 15 pays membres, qui lui permettraient de faire adopter son propre projet de résolution prolongeant la Misnus pour trois mois, mais ne prévoyant pas de sanctions.

aufait avec AFP


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