Zone euro: intenses tractations avant un sommet européen jugé crucial

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Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici (G) et le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi (D), le 21 juin à Luxembourg
Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici (G) et le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi (D), le 21 juin à Luxembourg
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Les ministres espagnol et allemand des Finances, Luis de Guindos (g) et Wolfgang Schäuble, le 30 avril 2012 en Espagne
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La chancelière allemande Angela Merkel, le 25 juin 2012 à Berlin
La chancelière allemande Angela Merkel, le 25 juin 2012 à Berlin
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D'intenses tractations se poursuivaient mardi à deux jours d'un sommet européen, à nouveau jugé crucial pour l'avenir de la zone euro, sous le regard inquiet des marchés.

Les ministres des Finances des quatre principales économies européennes (Allemagne, France, Italie et Espagne) devaient se retrouver en soirée à Paris pour une rencontre destinée à préparer ce sommet, énième rendez-vous de la zone euro avec son avenir depuis le début de la crise de la dette en Europe en décembre 2009.

Et comme souvent à la veille de ces réunions décisives, les Européens peinent à convaincre.

Les bourses européens ont certes ouvert timidement en hausse mardi, mais pour mieux replonger dans le rouge en milieu de matinée, avant de clôturer en légère baisse ou à l'équilibre. La Bourse de Madrid a chuté de 1,44% après une baisse de 3% la veille.

Car l'Espagne reste au centre des préoccupations. La demande d'aide officielle transmise par le pays pour ses banques n'a pas empêché l'agence d'évaluation financière Moody's d'abaisser la note de 28 des établissements du pays.

Dans ce contexte très tendu, l'Etat espagnol a emprunté mardi 3,077 milliards d'euros à trois et six mois, légèrement au-dessus de la fourchette visée, mais à des taux d'intérêt doublés, voire triplés. Idem en Italie où l'Etat a emprunté 3,9 milliards d'euros à des taux également en forte hausse.

Outre la demande d'aide de la part de l'Etat espagnol, les Européens ont reçu lundi celle émanant de l'Etat chypriote, dont le secteur bancaire hypertrophié subit par ricochet la crise grecque. Chypre est le 5e pays de l'UE à effectuer cette démarche auprès des autorités européennes. Les ministres des Finances de la zone euro, qui forment l'eurogroupe, ont prévu de s'entretenir de ces demandes lors d'une conférence téléphonique mercredi.

Ces mauvaises nouvelles accroissent l'incertitude. "Il n'y a pas de message rassurant en provenance de l'Europe. A quelques jours du Sommet européen, les différends entre dirigeants européens font craindre un dangereux immobilisme", jugent ainsi les analystes du Crédit Mutuel-CIC.

Pour éviter cette situation, les capitales européennes redoublent d'initiatives.

Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici reçoit vers 19H00 (17H00 GMT) à Paris ses homologues allemand Wolfgang Schäuble, espagnol Luis de Guindos, le vice-ministre des Finances italien Vittorio Grilli et le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, pour des entretiens à l'abri des regards, quatre jours après un sommet des dirigeants de ces mêmes pays à Rome.

Car l'Allemagne, objet de toutes les sollicitations, continue de croire aux vertus de la rigueur et se montre peu disposée à céder aux demandes de solidarité de ses partenaires.

"Quand je pense au sommet, ce qui m'inquiète est qu'il y aura toutes sortes d'idées de mutualisation de la garantie (des dettes souveraines) et trop peu d'idées pour plus de contrôle" des finances publiques, a déclaré lundi soir la chancelière allemande Angela Merkel.

"Il doit y avoir un équilibre entre garantie mutuelle et contrôle", quitte à transférer pour cela davantage de prérogatives à l'échelon européen, a plaidé la chancelière.

La France, longtemps réticente devant une telle perspective, a tenté mardi d'amadouer Berlin en plaidant la cause d'un "partage de souveraineté".

Interrogé sur la possibilité pour Bruxelles de contrôler davantage les budgets nationaux, le ministre français du Budget, Jérôme Cahuzac, a indiqué que "c'est bien de cela dont on parle".

"Il faut que la France et l'Allemagne s'entendent. (...) Il faut que l'Allemagne cesse de fantasmer l'inflation (...) et puis il faut que la France comprenne que c'est aussi peut-être l'intérêt de notre pays, de la France, de procéder à ce partage de souveraineté", a-t-il expliqué.

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a proposé de renforcer l'intégration de la zone euro via un contrôle accru des budgets nationaux par Bruxelles et la mise en place d'une union bancaire.

M. Van Rompuy a remis ces propositions lundi soir à ses partenaires européens qui en discuteront jeudi et vendredi lors du sommet européen.

Ce rapport n'est pas convaincant, a toutefois déploré dès mardi le ministre allemand adjoint aux Affaires étrangères, jugeant que le document insistait trop sur une éventuelle mutualisation de la dette.

Mercredi, le président français François Hollande et Mme Merkel se retrouveront à Paris pour aplanir, espèrent les marchés, leurs divergences.

AFP


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