Syrie: les observateurs de l'ONU suspendent leur mission, un massacre redouté à Homs

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Un membre des observateurs de l'ONU monte dans un véhicule des Nations Unies à Damas le 16 juin 2012
Un membre des observateurs de l'ONU monte dans un véhicule des Nations Unies à Damas le 16 juin 2012
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Photo transmise par l'opposition syrienne montrant des manifestants qui brandissent un diable en carton à l'effigie de Bachar al-Assad,sur une fausse potence, le 16 juin 2012 à Qamishli
Photo transmise par l'opposition syrienne montrant des manifestants qui brandissent un diable en carton à l'effigie de Bachar al-Assad,sur une fausse potence, le 16 juin 2012 à Qamishli
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Photo fournie par l'opposition syrienne de manifestants contre le régime Assad brandissant notamment des slogans anti-russes le 16 juin 2012 à Kfar Nubul, dans la province d'Idleb
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Les observateurs de l'ONU ont suspendu samedi leurs opérations en Syrie en raison de "l'intensification des violences", qui fait craindre à l'opposition syrienne un nouveau massacre à Homs (centre).

Ces dernières heures, au moins 48 personnes ont été tuées à travers le pays.

"En raison de l'intensification de la violence armée ces dix derniers jours, (...) et des risques encourus, la mission des observateurs de l'ONU suspend ses activités", a annoncé son chef, le général Robert Mood, dans un communiqué.

Les quelque 300 observateurs présents en Syrie "arrêteront de patrouiller jusqu'à nouvel ordre", a-t-il ajouté, promettant que la mission reprendrait dès que la situation le permettrait.

Les observateurs étaient arrivés mi-avril pour surveiller un cessez-le-feu approuvé par le régime comme par l'opposition dans le cadre du plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan, mais complètement ignoré.

Selon un bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) jeudi, la répression et les combats entre armée et rebelles ont fait au moins 3.353 morts depuis le 12 avril, date d'entrée en vigueur officielle du cessez-le-feu.

Les observateurs ont plusieurs fois rapporté avoir été empêchés de se rendre sur un site qu'ils souhaitaient voir, et avoir même été pris pour cible.

Après cette annonce, plusieurs capitales étrangères ont évoqué la nécessité d'une nouvelle forme d'action de l'ONU.

La présidence américaine a indiqué que face à ce "moment critique", elle consultait ses "partenaires internationaux sur les prochaines étapes à suivre pour la mise en oeuvre d'une transition politique menée par les Syriens".

Casques bleus

Pour Londres, cette décision "remet sérieusement en question la viabilité de la mission des Nations unies".

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a indiqué que le Conseil de sécurité allait examiner "quelles sont les options, y compris concernant l'avenir de la mission des Nations unies en Syrie à la lumière du compte-rendu que fera mardi le général Robert Mood".

"Avec un retrait (prévisible) de cette mission d'observateurs, il faut que le Conseil de sécurité de l'ONU (...) prenne une nouvelle mesure", a déclaré le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu, sans détailler.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé pour sa part "comprendre" la décision des observateurs, en rejetant comme habituellement la responsabilité des violences sur des "groupes terroristes".

Du côté de l'opposition syrienne, Burhan Ghalioun, l'ancien président du Conseil national syrien (CNS), a appelé l'ONU à déployer des Casques bleus.

"On ne peut pas compter sur des observateurs désarmés, il faut envoyer en Syrie des Casques bleus, une mission plus nombreuse et capable de se protéger contre la violence de ce régime", a-t-il déclaré.

Le CNS a également averti qu'un nouveau massacre se profilait à Homs, un des bastions de la contestation, où le régime a violemment repris en mars le quartier rebelle de Baba Amr.

Selon cette coalition, 30.000 soldats et membres de milices pro-gouvernementales assiégent cette ville sur laquelle "les forces du régime ont intensifié leurs bombardements (...) d'une façon inédite".

Panique

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait un peu plus tôt exhorté le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à "intervenir immédiatement pour faire arrêter les bombardements" sur Homs "afin d'évacuer plus de 1.000 familles encerclées, comprenant des enfants et des femmes".

Six civils ont péri samedi dans les quartiers de Khaldiyé, Bab Tadmor et Jouret al-Chiyah à Homs, a indiqué l'ONG.

L'agence missionnaire du Vatican Fides a relayé l'appel d'environ 800 civils musulmans et chrétiens de Homs pris au piège.

Il s'agit de femmes, d'enfants, de personnes âgées ou handicapées, "qui sont en réel danger, qui n'ont rien et vivent dans la panique au milieu des bombardements et des combats", selon Fides.

Des militants de l'opposition ont par ailleurs lancé un "appel au secours" pour Douma, près de Damas, sur la page Facebook "Syrian Revolution 2011", en soulignant que les bombardements y avaient "fait ces deux derniers jours plus de 20 morts et 500 blessés".

Le dossier syrien doit être au menu, la semaine prochaine en marge du G20, des entretiens du président américain Barack Obama avec ses homologues russe Vladimir Poutine et chinois Hu Jintao, alliés de Damas qui bloquent toute action contre le régime de Damas au Conseil de sécurité de l'ONU.

AFP


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