Syrie: signes de division dans l'opposition, Ghalioun prêt à démissionner

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Le chef du Conseil national syrien Burhan Ghalioun, le 24 avril 2012 au Caire
Le chef du Conseil national syrien Burhan Ghalioun, le 24 avril 2012 au Caire
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Image diffusée le 16 mai 2012 par le réseau d'opposition Shaam News Network de la ville de Rastane dans le centre de la Syrie
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Un membre de l'Armée libre de Syrie est soigné à l'hôpital de Qusayr, à 15 km de Homs, après des combats avec les troupes loyalistes, le 13 mai 2012
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Des divisions sont apparues au sein du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition, son chef Burhan Ghalioun se disant prêt jeudi à démissionner dès qu'un successeur aura été nommé, à la suite de critiques liées à sa réélection.

Sur le terrain, l'armée syrienne a concentré ses bombardements sur la ville de Rastane (centre), un important bastion des forces rebelles, qualifiées la veille par le président Bachar al-Assad de "bande de criminels".

Et cinq membres d'une même famille, dont deux enfants, sont morts lorsqu'un obus de mortier s'est abattu sur leur maison à Douma, près de Damas, selon des militants cités par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Reconduit mardi à la tête du CNS, M. Ghalioun a assuré jeudi qu'il n'accepterait "pas d'être le candidat de la division". "Je me retirerai dès que le choix se portera sur un nouveau candidat, soit par consensus soit à travers de nouvelles élections".

Quelques heures plus tôt les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain, avaient menacé de se retirer du CNS, dénonçant un "monopole" du pouvoir au sein de cette instance.

Les détracteurs du CNS lui reprochent essentiellement la grande influence des Frères musulmans en son sein et son manque de coordination avec les militants sur le terrain.

Partisan d'une gauche nationaliste arabe, adoubé par la confrérie, M. Ghalioun avait émergé comme la personnalité capable de rassembler au sein d'un conseil composé de multiples tendances (islamistes, nationalistes, libéraux).

Bien que contesté, il a été reconduit à plusieurs reprises faute de consensus en faveur d'un autre opposant, bien que le règlement du CNS impose une présidence tournante tous les trois mois.

Face à cette opposition divisée, le régime tient bon malgré plus de 14 mois de révolte, fort du soutien de la Russie, dont le Premier ministre Dmitri Medvedev a mis en garde les Occidentaux contre des interventions militaires "hâtives" qui peuvent amener des extrémistes au pouvoir, des conflits régionaux voire une guerre nucléaire.

Dans le centre du pays, les forces gouvernementales ont violemment bombardé Rastane jeudi à l'aube, au rythme de "trois obus par minute", selon l'OSDH, qui a accusé le régime de chercher à "détruire graduellement" ce bastion rebelle.

Encerclée par l'armée, Rastane échappe depuis plusieurs mois au contrôle des troupes gouvernementales qui ont tenté à plusieurs reprises, en vain, de la reprendre. Le 14 mai, 23 soldats avaient été tués lors d'une tentative d'assaut.

Selon des militants, elle abrite un grand nombre de hauts gradés rebelles, qui la défendent farouchement.

Dans le sud du pays, les troupes gouvernementales se sont déployées à Deraa pour tenter "de mettre fin à la grève générale", et des tirs nourris ont été entendus, selon l'OSDH.

A Alep (nord), des milliers d'étudiants ont manifesté sur le campus pour réclamer la chute du régime, à l'occasion de la visite d'une délégation des observateurs de l'ONU chargés de surveiller l'application d'un cessez-le-feu largement ignoré depuis un mois, selon des militants.

Des vidéos diffusées par les militants montrent un grand nombre d'étudiants insultant M. Assad ou entourant un véhicule marqué du logo de l'ONU en scandant "Le peuple veut la chute du régime".

"Des milliers d'étudiants de plusieurs départements ont quitté les cours quand les observateurs de l'ONU sont arrivés et ont scandé des slogans hostiles au régime" et réclamé des armes pour la rébellion, a relaté un porte-parole des militants locaux, Mohammed Halabi, joint par téléphone.

Mercredi, M. Assad a affirmé à une chaîne de télévision russe que les législatives du 7 mai, boycottées par l'opposition, avaient montré que les Syriens soutenaient son régime face aux "terroristes". Il a aussi accusé l'opposition de recevoir "des armes et de l'argent" de l'étranger.

Le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, qui s'est dit favorables à de telles livraisons d'armes, a appelé jeudi la Syrie à mettre fin au "bain de sang".

En 14 mois, plus de 12.000 personnes ont été tuées en Syrie, en majorité des civils, selon l'OSDH. Des dizaines de milliers de Syriens se sont en outre réfugiés dans les pays voisins.

Les violences ont fait tache d'huile au Liban où des affrontements entre Libanais pro et anti-Assad ont lieu quasi quotidiennement depuis samedi dans la grande ville du nord, Tripoli, faisant au total 10 morts.

Jeudi, une personne a été tuée et sept autres blessées dans les combats entre habitants du quartier de Bab al-Tebbaneh, majoritairement sunnite et hostile au régime syrien, et le quartier voisin de Jabal Mohsen, à majorité alaouite pro-régime, selon un responsable des services de sécurité à l'AFP.

AFP


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