Nucléaire: l'Iran affirme être prêt à des "pas en avant" à Bagdad, selon Michel Rocard

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Les dirigeants iraniens affirment être prêts à "remettre les compteurs à zéro" et à "faire des pas en avant" pour parvenir à une solution négociée de la question nucléaire, a déclaré lundi à l'AFP l'ancien Premier ministre français Michel Rocard après de entretiens à Téhéran.

M. Rocard, en visite "privée" en Iran, a été reçu durant le week-end par le ministre irakien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Saïd Jalili, principal négociateur iranien sur la question nucléaire.

"M. Salehi m'a assuré que l'Iran était prêt à faire des +pas en avant+" lors de négociations prévues le 23 mai à Bagdad avec les grandes puissances pour tenter de résoudre la crise autour du programme nucléaire iranien controversé, a déclaré M. Rocard.

Et l'influent président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Alaeddine Boroujerdi, lui a dit que l'Iran était disposé à "remettre les compteurs à zéro" à Bagdad afin de ne pas laisser les discussions s'enliser dans les accusations échangées depuis des années, a ajouté M. Rocard.

"Je n'ai eu aucun engagement concret mais j'ai le sentiment que les Iraniens veulent faire passer un message de bonne volonté avant Bagdad", a précisé l'ancien Premier ministre français.

Il a indiqué avoir de son côté insisté sur la nécessité pour Téhéran de "répondre concrètement et dans les détails" aux questions posées par la communauté internationale sur son programme nucléaire, et notamment à celles de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui rouvre lundi à Vienne des discussions avec l'Iran cruciales avant la rencontre de Bagdad.

M. Rocard a ajouté avoir souligné à ses interlocuteurs que Paris ne changerait pas "sa position de fermeté" sur le dossier nucléaire iranien après l'élection du socialiste François Hollande à la présidence de la République le 6 mai.

Téhéran a espéré que la victoire de M. Hollande ouvrirait une "nouvelle ère" dans les relations franco-iraniennes et assouplirait l'approche française de la question nucléaire, et a déroulé le tapis rouge pour recevoir M. Rocard présenté par les médias comme un émissaire du nouveau président français.

L'ancien premier ministre socialiste a cependant réaffirmé n'avoir reçu aucun mandat de François Hollande pour cette visite.

"C'est une visite privée, à l'invitation des Iraniens, pour donner une conférence sur les relations internationales. Je l'ai acceptée, dans un esprit d'ouverture", a-t-il expliqué.

M. Rocard a précisé avoir informé fin mars de son projet François Hollande, qui lui a donné "des conseils de prudence", mais aussi le ministre des Affaires étrangères du gouvernement sortant, Alain Juppé, qui lui a fait parvenir en retour "une lettre rappelant les positions de la France" sur la question nucléaire et les relations bilatérales.

Dans ce contexte, il s'est "étonné" des remous provoqués en France par sa visite, sur laquelle la droite fraîchement battue a demandé des "explications" au nouveau président élu.

AFP


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