Syrie : le chef de la mission de l'ONU appelle à l'arrêt des violences

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Le général norvégien Robert Mood pris en photo à côté d'un portrait de Bachar al-Assad, lors de son arrivée à Damas le 29 avril 2012
Le général norvégien Robert Mood pris en photo à côté d'un portrait de Bachar al-Assad, lors de son arrivée à Damas le 29 avril 2012
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Photo diffusée par le réseau d'opposition syrien Shaam News Network, montrant un tank dans la ville d'Homs, le 28 avril 2012
Photo diffusée par le réseau d'opposition syrien Shaam News Network, montrant un tank dans la ville d'Homs, le 28 avril 2012
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Le bateau "Luftallah II" au port de Beyrouth, le 28 avril 2012, où l'armée libanaise a intercepté des containers d'armes pour les rebelles syriens
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Carte de la Syrie où le général Mood, à la tête de la mission d'observation de l'ONU, est arrivé dimanche à Damas
Carte de la Syrie où le général Mood, à la tête de la mission d'observation de l'ONU, est arrivé dimanche à Damas
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Le général norvégien Robert Mood, à la tête de la mission des observateurs de l'ONU, a appelé à son arrivée en Syrie toutes les parties à l'arrêt des violences qui ont fait dimanche 29 morts de plus.

"Les observateurs ne peuvent pas résoudre seuls tous les problèmes (...) toutes les parties doivent arrêter les violences et donner une chance" au plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan, a-t-il estimé.

Ce plan, censé mettre un terme à plus de 13 mois meurtriers en Syrie, prévoit le retour de l'armée dans les casernes, l'arrêt des hostilités, la libération des détenus, le droit de manifester, l'ouverture d'un dialogue entre pouvoir et opposition ainsi que l'accès des humanitaires et de la presse.

"Nous allons travailler à l'application complète du plan Annan en six points, accepté par le gouvernement syrien. Pour y parvenir, nous avons maintenant 30 observateurs sur le terrain, nous allons doubler ce chiffre pendant les prochains jours (...) et il va rapidement atteindre 300", a ajouté le général Mood.

Le nombre des observateurs devrait passer à 100 sous un mois, avant d'atteindre 300 membres, comme le prévoit la résolution 2043 votée à l'unanimité il y a une semaine par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Cette mission, d'une durée initiale de trois mois, s'annonce périlleuse pour les observateurs qui doivent être déployés sans armes dans un pays où les violences persistent plus de deux semaines après l'annonce d'un cessez-le-feu, largement ignoré malgré les engagements du régime et des rebelles.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a, quant à lui, recensé 29 morts au total pour la seule journée de dimanche.

Dans un communiqué, l'OSDH a ainsi annoncé que 14 personnes avaient été tuées, dont un soldat dissident, par des tirs de l'armée régulière aux alentours du village d'Hamadi dans la région de Hama (centre).

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme avait auparavant fait état de 15 autres morts, à savoir huit civils et sept soldats des troupes régulières, également dimanche, dans différentes régions.

Parmi les membres de l'équipe avancée d'observateurs, huit sont basés dans différentes villes touchées par les violences -Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Hama et Homs (centre), a indiqué Neeraj Singh, un porte-parole de la mission de l'ONU à Damas.

De son côté, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, a estimé que le plan Annan était "en danger", dans une interview au journal suisse Der Sonntag.

"Je place de grands espoirs dans le plan en six points de Kofi Annan (...) malheureusement, je suis aussi très conscient que ce plan est en danger. Il est donc d'autant plus important que la mission (d'observation) puisse se développer rapidement", a-t-il expliqué.

Il a ajouté que le CICR, en partenariat avec le Croissant-Rouge syrien, avait pu distribuer des vivres et de l'aide humanitaire à quelque 300.000 personnes.

Selon Amnesty International, les violences ont fait au moins 362 morts, en particulier dans les villes tout juste visitées par les observateurs, depuis le début du travail des premiers d'entre eux le 16 avril.

Pour les militants et les ONG, ces morts sont en majorité des civils abattus par les troupes, mais le régime, qui ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation, accuse des "bandes terroristes" armées par l'étranger de semer le chaos dans le pays.

Après avoir accusé samedi les Nations unies d'"encourager les terroristes", la presse officielle syrienne a d'ailleurs affirmé dimanche que le réseau extrémiste Al-Qaïda était derrière les attentats qui ont fait des dizaines de morts ces derniers mois, en particulier à Damas et à Alep (nord).

Le dernier en date remonte à vendredi et avait fait 11 morts à Damas, selon les médias officiels.

Cet attentat suicide a été revendiqué par un groupe se faisant appeler le Front al-Nosra, sur un site islamiste généralement utilisé par Al-Qaïda, rapporte dimanche le centre américain de surveillance des mouvements jihadistes SITE.

Pour le quotidien officiel As-Saoura, les "attentats terroristes qui ont ensanglanté le coeur des Syriens et emporté l'âme d'innocents" sont signés "des terroristes de l'organisation" Al-Qaïda.

"Ce terrorisme est soutenu et financé par des Etats occidentaux, des pays de la région et quelques Arabes pour faire échouer le plan de l'ONU et son émissaire, Kofi Annan".

Samedi, l'armée libanaise a annoncé avoir intercepté trois conteneurs d'armes provenant de Libye et destinés aux insurgés.

Le même jour, d'intenses combats ont opposé soldats et déserteurs dans la province de Damas, aux abords d'un palais présidentiel à Lattaquié (ouest) et dans la région d'Idleb, faisant au moins 10 morts parmi les déserteurs, selon l'OSDH.

D'autre part, Budapest a indiqué que les deux ressortissants hongrois kidnappés samedi dans le sud-est de la Syrie par des "hommes armés non identifiés" étaient vivants. Il s'agit des premiers occidentaux enlevés dans ce pays.

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à un mouvement de contestation de plus en plus militarisé face à la répression. En 13 mois, les violences ont fait plus de 11.100 morts dans le pays, en majorité des civils, selon l'OSDH.

AFP


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