L'Ukraine invite des médecins allemands pour soigner Timochenko

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L'Ukraine a invité mercredi une équipe de médecins d'une clinique de Berlin à venir soigner Ioulia Timochenko dans sa prison, au lendemain de l'annonce d'une grève de la faim entamée par l'ex-Premier ministre et opposante ukrainienne.

Kiev a adressé "une requête officielle (...) pour la venue de médecins allemands de la clinique Charité pour examiner et soigner Ioulia Timochenko", a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Olexandre Dikoussarov.

Un groupe de médecins allemands et canadiens avait déjà examiné en février Ioulia Timochenko, qui souffre de problèmes à la colonne vertébrale, à la prison de Kharkiv (est) où elle est incarcérée.

Deux médecins allemands ont à nouveau examiné l'opposante en prison en avril et inspecté l'hôpital public proposé par le gouvernement ukrainien pour la soigner.

Mercredi, Berlin a réitéré sa proposition de prendre en charge médicalement Mme Timochenko en Allemagne.

Plus tard dans la journée, un vice-Premier ministre ukrainien en visite à Bruxelles a estimé que l'Ukraine pourrait changer la loi afin de permettre l'hospitalisation de l'opposante à Berlin, pour peu qu'il n'y ait plus d'autres obstacles à la signature de l'accord d'association avec l'Union européenne.

En dépit de cette déclaration, le président allemand Joachim Gauck a annulé une visite en Ukraine prévue en mai pour protester contre le refus de Kiev de laisser Mme Timochenko venir se faire soigner en Allemagne, selon la presse allemande.

L'accord d'association a été paraphé en mars mais sa signature officielle reste encore suspendue à un feu vert des 27 Etats membres de l'UE qui réclament la remise en liberté de Mme Timochenko.

Par ailleurs, l'opposition ukrainienne a bloqué mercredi les travaux du Parlement à Kiev, exigeant que des députés, médecins de formation, soient autorisés à rendre visite en prison à Ioulia Timochenko.

Celle-ci est en grève de la faim depuis le 20 avril, affirmant avoir subi des violences en prison et entendant dénoncer la "répression politique" dans le pays, selon son avocat.

Un député et la fille de l'opposante, Evguenia, lui ont rendu visite en prison dans la matinée, et ont affirmé à leur sortie avoir constaté la présence d'hématomes sur le ventre et les bras de Mme Timochenko.

C'est le directeur adjoint de la prison "qui lui a porté un fort coup dans le ventre", a déclaré à la presse Evguenia Timochenko avant de fondre en larmes.

La direction de la prison a averti l'opposante qu'elle allait être isolée et nourrie de force par sonde gastrique, a pour sa part affirmé le député, Andri Kojemiakine.

L'envoyée du Parlement pour les droits de l'Homme, Nina Karpatchova, qui visité Mme Timochenko en prison dans la soirée a également confirmé la présence d'hématomes "dans la région inguinale droite" et "sur son bras gauche".

"J'ai honte" de cet incident, a lancé Mme Karpatchova à la presse à la sortie de la prison.

Les autorités carcérales nient toute violence, mais le parquet général a ordonné de vérifier les accusations de l'opposante.

La Commission européenne, qui considère que les poursuites contre Mme Timochenko sont dictées par des considérations politiques, a réclamé "d'urgence" mardi des "explications".

Incarcérée depuis août 2011, Ioulia Timochenko, 51 ans, a été condamnée en octobre à sept ans de prison pour abus de pouvoir. L'opposante dénonce une vengeance personnelle du président Viktor Ianoukovitch, élu en 2010, pour écarter sa principale adversaire politique.

AFP


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