Irak: premier salon de l'armement à Bagdad neuf ans après la chute de Saddam

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Une maquette d'un avion FA-50 présentée au salon de l'armement de Bagdad, le 15 avril 2012
Une maquette d'un avion FA-50 présentée au salon de l'armement de Bagdad, le 15 avril 2012
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Un représentant nord-coréen regarde une arme présentée au salon de l'armement de Bagdad, le 15 avril 2012.
Un représentant nord-coréen regarde une arme présentée au salon de l'armement de Bagdad, le 15 avril 2012.
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Avions, chars, missiles, télécommunications, Bagdad a organisé son premier salon de l'armement, neuf ans après le démantèlement par les Américains des forces de sécurité irakiennes pour les rebâtir de zéro.

Aujourd'hui, ces nouvelles forces comptent 900.000 hommes, dont 650.000 dépendant du ministère de l'Intérieur, et leur budget s'élève en 2012 à 14,6 milliards de dollars, soit 15% des dépenses de l'Etat.

"Nous avons besoin que des compagnies spécialisées viennent à Bagdad pour montrer leurs produits à nos ministères, afin qu'ils choisissent les meilleurs", a expliqué à l'AFP le vice-ministre de l'Intérieur, Adnane al-Assadi.

Un pavillon de la foire de Bagdad accueille depuis dimanche et pour trois jours 40 compagnies de 13 pays (Corée du Sud, Chine, Turquie, Bulgarie...), au milieu de mesures de sécurité exceptionnelles qui paralysent la ville. La quasi-totalité des sociétés occidentales n'ont en revanche pas fait le déplacement.

La Corée comme la Chine présentent une gamme complète allant du matériel de surveillance aux armes de tous calibres, systèmes de communication, véhicules militaires, matériel optiques, uniformes et équipement anti-émeute.

"Nous sommes venus bien sûr pour décrocher des contrats mais aussi pour développer nos relations avec ce pays où nous avions le troisième plus important contingent de la force multinationale, après les Etats-unis et le Royaume-Uni", explique Lee Jong-Duk, de l'Association des industries de défense de Corée.

Son collègue Sang Choi, vice-président des Industries aérospatiales (KAI), espère vendre 24 avions T-50, des appareils d'entraînement et de combat: "Nous avons fait une proposition l'an dernier (...), je suis très optimiste".

Pour l'Irak en effet, l'armée de l'Air est une priorité. L'aviation a quasiment disparu après la guerre du Golfe de 1991, détruite par les alliés ou hors d'usage, et Bagdad a déjà commandé 36 F-16 aux Etats-Unis.

"Nous avons besoin de beaucoup de choses mais notre budget est limité. Notre principale préoccupation, c'est l'armée de l'Air et la défense anti-aérienne alors que pour le ministère de l'Intérieur, c'est la protection des frontières et les détecteurs d'explosif", a confié à l'AFP le chef d'état-major de l'armée, le général Babaker Zebari.

Dans ce marché ultra-compétitif, la compagnie irakienne Raban al-Safina représente depuis trois ans des sociétés étrangères spécialisées dans le matériel de brouillage, les robots anti-bombes et l'équipement de détection pour tenter de lutter contre les attaques terroristes encore fréquentes.

Après avoir fourni en 2010 un grand nombre de détecteurs portatifs britanniques ADE 651 qui ont coûté entre 16.500 et 60.000 dollars par unité mais se sont révélés inefficaces, la société irakienne présente un appareil allemand HEDD1.

"Il possède un programme pour détecter sept matériaux explosifs", assure fièrement Hussein Ghanim, ingénieur au département électronique.

L'armée irakienne, considérée lors de la guerre contre l'Iran (1980-1988) comme l'une des plus fortes du Moyen-Orient, était quasi-exclusivement équipée de matériel provenant des pays dans l'orbite soviétique.

Depuis l'invasion de 2003, elle est tournée vers l'équipement américain. Mais la Bulgarie ne s'avoue pas vaincue.

"Nous avons eu de très bonnes relations avec l'Irak avant 2003 et maintenant nous voulons les renouveler, car c'est un marché important", assure Rumen Rykov directeur général d'Apolo Enginering, basé à Sofia, qui vend des munitions de tous calibres.

AFP


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