Égypte
La justice accuse des ONG d'activités politiques illégales
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Tensions entre Washington et le pouvoir militaire en Égypte: les autorités judiciaires égyptiennes ont accusé mercredi 44 personnes, dont 19 Américains, de mener illégalement des activités politiques dans le pays, par le biais des ONG auxquelles ils appartiennent.
La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a déclaré que la question des ONG américaines en Egypte était toujours dans l'impasse, et averti que l'aide des Etats-Unis au pays pourrait être revue. /DR
Alors que la vie commence à reprendre peu à peu son cours normal au Caire au lendemain d'affrontements de cinq jours ayant fait 15 morts et des dizaines de blessés, des magistrats égyptiens ont accusé mercredi des organisations non-gouvernementales égyptiennes et étrangères, notamment américaines, de mener illégalement des activités politiques.
Ces ONG sont accusées d'avoir agi sans autorisation pour mener des activités purement politiques sans rapport avec un travail auprès de la société civile, a affirmé devant la presse l'un des magistrats chargés de l'enquête, Sameh Abou Zeid. 44 travailleurs associatifs, dont des Égyptiens, 19 Américains, des Allemands, des Norvégiens, des Serbes, des Jordaniens et des Palestiniens, avaient été déférés devant la cour criminelle du Caire en vue d'un procès à une date indéterminée.
Selon M. Abou Zeid, leurs activités qui ont pris une autre dimension après la révolution du 25 janvier, sont devenues politiques, avec de la formation dispensée à des partis politiques et des tentatives de mobiliser des gens, a-t-il ajouté. Il affirme également que ces associations opèrent en Égypte sans permis officiel et sont financées illégalement depuis l'étranger.
Colère des Américains
1,3 milliard
Cette affaire a tendu les relations entre l'Égypte et les États-Unis, qui apportent chaque année une aide de 1,3 milliard de dollars à l'armée égyptienne, au pouvoir depuis la chute du président Moubarak.
Trois sénateurs américains ont mis en garde l'Égypte mardi à propos des poursuites engagées contre les responsables associatifs, prévenant que le risque d'une rupture catastrophique entre les deux pays avait rarement été aussi grand.
Au département d’État, la porte-parole Victoria Nuland a assuré mardi que les organisations non gouvernementales qui soutiennent la démocratie en Égypte jouent un rôle important dans le processus de transition et n'ont rien fait de mal et a fait part de la profonde inquiétude de Washington.


