Funérailles du général Wissam al-Hassan
Manifestation géante sur fond de rejet du régime syrien

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Des milliers de personnes se sont rassemblées, hier à Beyrouth, pour les funérailles du général Wissam al-Hassan, très haut gradé de la police, bête noire du régime syrien, assassiné vendredi. A l'appel de l'opposition libanaise, la cérémonie a pris des allures de manifestation contre le régime syrien, ouvertement accusé d'avoir commandité l'attentat qui a éliminé celui qui dirigeait les enquêtes sur des attentats contre de nombreuses personnalités libanaises anti-syriennes.

Les avertissements n'avaient pas manqué, qu'ils émanent de l'intérieur du Liban ou de Ban Ki-monn, ou encore de Lakhdar Brahimi, quant aux risques d’un débordement au pays du cèdre, de la crise syrienne. Mais, dans un Liban en proie, depuis des années, aux atteintes du terrorisme politique, la violence a de nouveau frappé vendredi dernier, lors d'un attentat qui a tué le général Wissam el-Hassan.

La Syrie accusée

Le chef des services de renseignement des Forces de sécurité intérieure, qui avait mis à jour en août dernier, un complot impliquant un ancien ministre libanais et deux responsables militaires syriens pour déstabiliser le Liban, a été tué dans l'explosion d'une voiture piégée, qui a fait huit morts et 80 blessés dans le quartier d'Achrafieh à Beyrouth.

Cet attentat, de même que celui qui a coûté la vie, en 2005, à l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, ont été attribués par l'opposition libanaise et les experts, au régime du président Bachar el-Assad, confronté depuis 19 mois à une révolte qu'il tente d'écraser à tout prix.

Hier, sur la place des Martyrs, au centre de Beyrouth, sous des affiches géantes du général Wissam al-Hassan, barrée des mots: “le martyr de la justice et de la vérité”, une partie de la foule a repris à son compte les déclarations de certains responsables politiques libanais pointant du doigt la Syrie et son président.

“Nous accusons Bachar al Assad, responsable de tout, dans le passé, aujourd'hui, et, si nous ne nous dressons pas contre lui, dans le futur.”

Assmaa Diab, une jeune femme parmi les manifestants.

Le Premier ministre cible de la colère populaire

La colère populaire s'adressait également au Premier ministre, accusé d'être trop proche du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et du régime syrien. Le chef du gouvernement, Najib Mikati, avait présenté samedi sa démission au président Michel Souleïmane, qui lui a demandé de demeurer en fonction, “dans l'intérêt national”.

À l'issue des funérailles, les partisans de l'opposition ont voulu se diriger vers le siège du gouvernement pour réclamer la démission de M. Mikati. Des heurts ont alors opposé les manifestants et l’armée qui a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule en colère.

aufait avec agences

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