Syrie
La mission des observateurs arabes au centre d'une controverse
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Face à une répression qui ne faiblit pas en dépit de la mission des observateurs, l'opposition syrienne a appelé le chef de la Ligue arabe et les observateurs à “annoncer leur impuissance, et demander l'aide des organisations internationales concernées”. Le Secrétaire général de la Ligue, qui a admis que les tirs sur les manifestants anti-régime se poursuivaient, a demandé leur arrêt immédiat.
Les militants pro-démocratie syriens ont accusé mardi de “manque de professionnalisme” les observateurs de la Ligue arabe dépêchés en Syrie pour tenter de faire cesser les violences, alors que le Secrétaire général de la Ligue a admis que les tirs sur les manifestants anti-régime se poursuivaient.
Face à une répression qui ne faiblit pas en dépit de la mission des observateurs, les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent les manifestations sur le terrain, ont appelé le chef de la Ligue arabe et les observateurs à avoir une attitude “objective, impartiale et honnête ainsi qu'un sens des responsabilités (...) et à annoncer leur impuissance à mener seuls cette mission et demander l'aide des organisations internationales concernées”.
“Nous voulons dire à Nabil al-Arabi que le manque de professionnalisme des observateurs et le non respect des horaires de leur arrivée dans des lieux précis ont fait que de nombreuses personnes ont été tuées. (...) Les officiers et les soldats de l'armée portent des costumes de policiers, conduisent des véhicules militaires repeints et changent le nom des lieux, mais cela ne signifie pas que l'armée s'est retirée des villes et des rues ni que le régime applique les clauses du protocole arabe.”
Les Comités locaux de coordination (LCC)
Critiqués de partout
Dans la région de Homs, les observateurs, encadrés par les autorités, ont visité une cimenterie près de Rastane, au lieu de se rendre dans cette ville où des milliers de manifestants ont été dispersés par des tirs en l'air, a déploré l'OSDH.
Pour sa part, la France a réclamé que les observateurs “soient en mesure de se rendre partout où ils doivent se rendre pour témoigner et pour accomplir de façon crédible, objective et complète le mandat qu'ils ont reçu de la Ligue arabe”.
Dimanche, c'était le président du Parlement arabe, Salem al-Diqbassi, qui avait appelé à leur “retrait immédiat, (...) le régime syrien continuant à tuer des civils innocents”. Or d’un point de vue logistique, les observateurs dépendent totalement des autorités syriennes.
Les opposants syriens ont de plus exprimé des inquiétudes au sujet des “positions adoptées” par le chef de la mission, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, qui a démenti des propos attribués à l'un des observateurs qui faisait état sur une vidéo de la présence de tireurs embusqués à Deraa.
390 tués depuis le début de la mission
Selon l'opposition, 390 personnes ont été tuées depuis que les observateurs ont entamé leur mission le 26 décembre. Une situation qui a provoqué la multiplication des appels à leur retrait.
Rappelant qu'il y a “toujours des tirs et des tireurs embusqués”, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi avait demandé lundi “l'arrêt total des tirs” en Syrie.
Une réunion du comité arabe en charge de la Syrie (composé de Qatar, Algérie, Soudan, Sultanat d'Oman et Égypte, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe) a en outre été programmée pour samedi prochain au Caire.
Mais selon les spécialistes, il est trop tôt pour se livrer à toute évaluation des résultats de la mission des observateurs. Ces derniers doivent envoyer au Caire un premier rapport, et placés sous les regards du monde entier, il leur sera difficile d'y écrire n'importe quoi.



