Libye
La prolifération des armes inquiète
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Des adolescents brandissant des kalachnikovs dans les rues de Tripoli aux combattants armés de lance-roquettes sur le front, les armes sont partout en Libye et mettent en péril l'assise des nouvelles autorités. Hors de Libye, beaucoup redoutent que ces armes ne tombent dans les mains de groupes terroristes, ou n'alimentent les conflits en cours.
Des armes introduites clandestinement en Algérie ont été saisies à la frontière avec la Libye, manifestement destinées aux organisations terroristes. /DR
Stocks d'armes, caches d'armes chimiques, la prolifération des armes retrouvées quasi quotidiennement en Libye ne manque pas d'inquiéter, autant à l'intérieur du pays que sur le plan international.
“Tout le monde à Tripoli a au moins un fusil”
Prises dans les multiples caches d'armes disséminées par le régime de Mouammar Kadhafi à travers la capitale et le pays, les armes sont actuellement sans le moindre contrôle dans le pays.
Si pour la plupart, elles sont désormais entre les mains des combattants du nouveau régime, une grande quantité s'est retrouvée entre les mains de civils qui se sont servis directement dans des caches qui regorgeaient d'armes et de munitions.
Imed, 25 ans, possède maintenant un fusil d'assaut qu'il a pris sur un site de construction abandonné dans les faubourgs de Tripoli.
“Il y avait des centaines et des centaines de boîtes, avec de tout: des kalachnikovs, des carabines, des grenades, toutes sortes de munitions. Des milliers de personnes sont venues ici. Certains, comme moi, ont pris seulement un pistolet, mais d'autres en ont pris deux, trois ou cinq. Et certains ont chargé des camions pendant plusieurs jours. Tout était en libre-service, sans le moindre contrôle.”
Imed, un jeune Tripolitain.
650 $
Selon des habitants, les armes sont maintenant disponibles au marché noir. Une kalachnikov coûte environ 650 dollars, une grenade 80 et les balles s'échangent à moins de 1 dollar.
Actuellement à Tripoli, les postes de contrôle sont souvent tenus par de jeunes hommes, certains même à peine adolescents, kalachnikov ou voire lance-roquettes à l'épaule. Et la nuit, la capitale résonne des tirs d'armes automatiques.
“Maintenant tout le monde à Tripoli a au moins un fusil”, assure Imed. Et “les gens ne vont pas les rendre, ça c'est sûr. Nous sommes libres maintenant”...
Inquiétude au niveau international
Cette prolifération inquiète aussi hors de Libye, où beaucoup redoutent que ces armes ne tombent dans les mains de groupes terroristes, ou n'alimentent les conflits en cours.
Ainsi, les Etats-Unis ont annoncé mardi soir collaborer étroitement avec le Conseil national de transition (CNT) libyen pour protéger les stocks d'armes ou même en détruire certains.
Washington redoute tout particulièrement de voir certains des milliers de missiles sol-air portables de l'ancien régime tomber dans les mains de terroristes, dans la mesure où ces armes sont susceptibles d'être utilisées contre des avions de ligne.
“Tout le monde est inquiet. Il semble que les stocks d'armes libyens soient supérieurs à ceux qui se trouvaient en Irak en 2003 (lors de l'invasion menée par les Etats-Unis).”
Shashank Joshi, expert au Royal United Services Institute de Londres.
L'Otan a cependant assuré mardi que le CNT contrôlait désormais les sites regroupant les stocks d'armes chimiques de l'ancien régime, en particulier une dizaine de tonnes de gaz moutarde.
Selon les experts, la présence de ces armes va aussi empêcher le CNT d'asseoir son autorité, même lorsque les derniers bastions pro-Kadhafi auront été pris.
“Le CNT aura du mal à récupérer toutes les armes. Cela va prendre du temps pour installer une autorité centrale libyenne qui puisse revendiquer le monopole de l'usage légitime de la force.”
K. Bitar, expert à l'Institut des relations internationales et stratégiques à Paris.
Kadhafi planqué chez une tribu Touareg?
Mouammar Khadafi se cacherait près de la ville de Ghadamès, dans l'extrême sud-ouest libyen, sous la protection de chefs de tribus Touaregs, selon un responsable militaire libyen. Par ailleurs, le fils le plus en vue de Mouammar Kadhafi, Saïf Al-Islam, serait à Bani Walid et son frère Moutassem, surnommé Hannibal, serait à Syrte, a ajouté le responsable du CNT.
Naissance d'un nouveau parti pour la justice et la démocratie
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Coup dur pour le CNT à Bani Walid
Un commandant anti-Kadhafi a été tué par une roquette à Bani Walid, ville fidèle à l'ancien leader, a annoncé mercredi à l'AFP un responsable local des autorités de transition, alors que la ligne de front n'a pas bougé depuis mardi. M. Jadak était l'un des principaux commandants engagés dans la bataille. Cette perte porte un coup dur aux combattants pro-CNT qui font face à une résistance opiniâtre des forces loyalistes et qui ne progressent pas. Mardi, les intenses échanges de tirs d'artillerie ont fait 11 morts parmi les combattants du nouveau pouvoir, selon le capitaine Walid Khaimej.
Tunisie: l'ex-Premier ministre libyen libéré
La Cour suprême tunisienne a relaxé hier celui qui fut le Premier ministre sous le régime libyen de Mouammar Kadhafi, Al-Bagdadi Ali Al-Mahmoudi. Il était jugé en appel pour entrée illégale en Tunisie. Il était considéré comme le plus haut responsable de l'administration de Kadhafi à avoir été arrêté.


