L'Amérique célèbre l'élimination de Ben Laden, mais l'inquiétude demeure

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Rassemblement à Times Square, à New York, le 2 mai 2011 après l'annonce de la mort de Ben Laden
Rassemblement à Times Square, à New York, le 2 mai 2011 après l'annonce de la mort de Ben Laden
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Portrait non daté de Ben Laden
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Capture d'écran de la télévision américaine ABC montrant l'intérieur de la maison où Ben Laden a été tué, après l'intervention américaine, le 2 mai 2011
Capture d'écran de la télévision américaine ABC montrant l'intérieur de la maison où Ben Laden a été tué, après l'intervention américaine, le 2 mai 2011
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Carte de localisation de l'opération militaire au Pakistan contre Ben Laden, le 1er mai 2011
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Le chef du gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza, Ismaïl Haniyeh, le 1er décembre 2010 à Gaza
Le chef du gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza, Ismaïl Haniyeh, le 1er décembre 2010 à Gaza
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Les Etats-Unis célébraient lundi l'élimination d'Oussama Ben Laden par un commando américain près de 10 ans après les attentats du 11-Septembre, mais l'inquiétude restait de mise dans le monde face au risque de représailles.

"Je pense que nous pouvons tous être d'accord pour dire que c'est un grand jour pour l'Amérique", s'est félicité le président Barack Obama lundi en milieu de journée, 12 heures après avoir annoncé au monde l'élimination du chef d'Al-Qaïda.

"Le monde est plus sûr, c'est un endroit meilleur après la mort d'Oussama Ben Laden", a-t-il ajouté à propos de l'instigateur des attentats du 11 Septembre, dont les Américains s'apprêtent à marquer le 10e anniversaire.

L'annonce de la mort de l'homme le plus recherché au monde a provoqué une vague de joie aux Etats-Unis, où des milliers de personnes se sont spontanément rassemblées en pleine nuit dans les grandes villes du pays, notamment sur les lieux des attentats du 11 Septembre et devant la Maison Blanche, aux cris de "USA, USA".

"Je n'ai jamais ressenti pareille émotion", confiait John Kelley, un étudiant de 19 ans. "C'est quelque chose que nous avons attendu si longtemps", ajoutait le jeune homme, racontant avoir eu "les jambes en coton" en entendant la nouvelle.

Le principal conseiller du président Obama pour l'antiterrorisme, John Brennan, a assuré que les Etats-Unis "enterreront" Al-Qaïda comme ils ont éliminé Ben Laden.

Ben Laden, né en 1957 à une date non précisée, a été tué à Abbottabad, ville située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale pakistanaise Islamabad, dans une villa où il se cachait. Il a été tué d'une balle dans la tête par des membres des forces spéciales de la Marine américaine, les Navy Seals. Le commando était prêt à le capturer vivant s'il avait accepté de se rendre, a assuré un responsable américain.

Quatre autres personnes ont été tuées dans l'opération, mais aucun Américain n'a été blessé, a précisé une autre source, ajoutant qu'aucun prisonnier n'avait été pris.

Le rôle du Pakistan dans la cavalle de Ben Laden risquait de revenir sur le devant de la scène.

M. Brennan n'a pas exclu que Ben Laden ait pu recevoir l'appui de responsables pakistanais et a révélé que les Etats-Unis n'avaient rien dit à Islamabad du raid contre le chef d'Al-Qaïda avant sa conclusion dimanche.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a toutefois assuré que la "coopération" du Pakistan avait aidé les Etats-Unis à localiser le chef d'Al-Qaïda.

L'identité d'Oussama ben Laden a été confirmée par une analyse ADN du corps, selon un responsable américain.

Selon le récit d'un autre responsable, les services de renseignements ont localisé en août 2010 la résidence du chef d'Al-Qaïda à Abbottabad. La résidence occupait un terrain "huit fois plus grand que les autres maisons du quartier", disposait de mesures de sécurité "extraordinaires" avec des murs hauts de 5,5 mètres, des barbelés et un accès possible par "deux portails sécurisés".

Ben Laden y vivait sans internet ni téléphone. M. Obama a autorisé l'opération vendredi. Le raid, qui se voulait "chirurgical", a duré 40 minutes. Le chef d'Al-Qaïda, un de ses fils, deux de ses messagers et une femme ont été tués.

Selon M. Brennan, Ben Laden a utilisé pour se protéger une femme comme "bouclier humain". Le commando était "prêt" à le capturer vivant s'il avait accepté de se rendre, a assuré un responsable américain sous couvert d'anonymat.

Mais "il a résisté pendant la fusillade. Par conséquent, les intervenants sur le terrain l'ont tué", a-t-il indiqué.

La dépouille de Ben Laden a été jetée en mer depuis un porte-avions américain croisant au large des côtes pakistanaises, selon un responsable américain, notamment pour éviter qu'une éventuelle tombe devienne un lieu de pèlerinage.

Un fonctionnaire américain a assuré que tout avait été fait pour respecter "la tradition musulmane", mais un responsable de la mosquée égyptienne d'al-Azhar, la plus haute institution de l'islam sunnite, a souligné que l'islam était "totalement contre" l'immersion.

Les avertissements sur de possibles représailles se sont multipliées et plusieurs pays ont renforcé leurs mesures de sécurité.

Les Etats-Unis ont émis un bulletin d'alerte à leurs forces de l'ordre estimant que la nouvelle risquait de déclencher des représailles sur le sol américain et à l'étranger.

Le directeur de la CIA, Leon Panetta, qui a piloté l'opération d'élimination, a averti qu'il était "presque certain" que les partisans de Ben Laden allaient chercher à le venger.

Le département d'Etat a appelé les ressortissants américains à la prudence à l'étranger.

La ministre de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, a néanmoins précisé qu'aucune menace imminente d'attentat ne planait sur les Etats-Unis et que le pays ne relevait pas son niveau d'alerte.

L'annonce de la mort de Ben Laden a été saluée par la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est "félicité" lundi de l'annonce de la mort d'Oussama ben Laden, soulignant qu'il s'agit d'un "tournant" dans la lutte contre le terrorisme.

Les capitales occidentales ont aussi félicité Washington pour sa "victoire", tout en rappelant que la fin de Ben Laden ne signifiait pas la fin d'Al-Qaïda et de la lutte antiterroriste.

Le président français Nicolas Sarkozy a salué la "détermination" du président Obama face au terrorisme, et les deux présidents sont convenus de poursuivre "le combat juste et nécessaire" contre Al-Qaïda, selon un communiqué de l'Elysée.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a salué un "tournant" dans la lutte mondiale contre le terrorisme.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a estimé que les opérations militaires de l'Alliance en Afghanistan devaient continuer, alors que le président afghan Hamid Karzaï a appelé les talibans à "cesser le combat".

Mais les talibans pakistanais alliés à Al-Qaïda ont juré de venger Oussama Ben Laden, promettant d'attaquer des cibles américaines et le gouvernement d'Islamabad.

Sur les forums jihadistes, les premières réactions à la mort du leader du réseau islamiste allaient de l'incrédulité à la colère, en passant par les menaces contre l'Amérique.

Le chef du gouvernement du mouvement palestinien Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, y a vu "la poursuite de la politique d'oppression américaine fondée sur l'effusion du sang des Arabes et des musulmans".

AFP


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