Soutenue par Bruxelles, Paris campe sur ses positions dans son différend avec Rome sur les migrants tunisiens

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Confortée par le soutien de la commission européenne, la France campe sur ses positions dans son différend avec l'Italie sur la question migratoire, rejetant les titres de séjours italiens délivrés à titre provisoire aux clandestins tunisiens, écrit mardi la presse française.

La Commission européenne, qui considère que les permis de séjour temporaires n'étaient, en aucun cas, une autorisation de voyager dans les autres pays de l'espace Schengen, a donné raison lundi à Paris, en estimant "justifiée" sa décision de bloquer dimanche le trafic ferroviaire entre la ville italienne de Ventimille et la Côte d'Azur, pour empêcher l'arrivée en France d'un train transportant des manifestants et des migrants tunisiens, provoquant l'ire de Rome.

"Au lendemain de cette bravade française, la pilule est bien difficile à avaler côté italien", souligne +Le Parisien+ qui parle même d'"une gifle" pour Rome, reprenant un titre du quotidien italien +La Repubblica+.

"Le Figaro" évoque "un signe de soutien manifeste" à la France, de la part de l'Union européenne, sur le dossier des migrants tunisiens.

Face à l'afflux massif des migrants tunisiens depuis le début de janvier sur la petite île de Lampedusa, le gouvernement italien avait décidé, début avril d'accorder, des titres de séjour provisoires aux clandestins, pour leur permettre de rejoindre "leurs parents ou amis" en France ou dans d'autres pays d'Europe.

Une décision qui n'a pas été du goût de la France dont le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, n'avait pas tardé à réagir en avertissant que son pays renverrait vers l'Italie les migrants tunisiens qui ne satisferaient pas toutes les conditions leur permettant d'entrer sur son territoire, qui n'incluent pas seulement le permis de séjour mais aussi un passeport et des ressources suffisantes.

M. Guéant a, d'ailleurs, réitéré cette position, lors d'un déplacement lundi à Bucarest, soulignant que "nous faisons une application à la lettre et dans l'esprit des accords" de Schengen dans le dossier des migrants tunisiens, mais tout en assurant que "la France ne souhaite pas" de tensions avec l'Italie.

Il réagissait à une déclaration du chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, qui affirmait, dans une interview au quotidien +La Reppublica+ : "Une ombre" plane sur les relations franco-italiennes, dont "il faudra ressortir en réaffirmant la volonté de l'Italie et de la France de travailler ensemble, en tant que pays fondateurs de l'Union européenne".

Pour "Le Figaro", le dossier "impose plus que jamais de la concertation", d'autant plus que depuis quelques jours, les "titres de séjour provisoires" promis par les Italiens aux quelque 25.000 migrants passés par l'île de Lampedusa commencent à être distribués, dont plus de 200 ont déjà été délivrés.

"Avec une première surprise: ces sésames, que l'on croyait valables pour trois mois, éventuellement renouvelables, sont d'emblée octroyés pour six mois", fait remarquer le quotidien pour conclure que dans le climat de surchauffe, qui prévaut entre la France et l'Italie, dire que le sommet du 26 avril à Rome, entre le président français Nicolas Sarkozy et le Président du Conseil italien Silvio Berlusconi, s'annonce difficile est "un euphémisme".

MAP


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