La Grande-Bretagne refuse d'extrader l'ex-président bosniaque Ganic, la Serbie va faire appel

L'ancien président de Bosnie Ejup Ganic s'adresse à la presse le 27 juillet 2010 à Londres, à sa sortie du tribunal de Westminster
L'ancien président de Bosnie Ejup Ganic s'adresse à la presse le 27 juillet 2010 à Londres, à sa sortie du tribunal de Westminster
L'ancien président de Bosnie Ejup Ganic s'adresse à la presse le 27 juillet 2010 à Londres, à sa sortie du tribunal de Westminster
L'ancien président de Bosnie Ejup Ganic s'adresse à la presse le 27 juillet 2010 à Londres, à sa sortie du tribunal de Westminster

Belgrade va faire appel de la décision de la justice britannique de rejeter la demande d'extradition vers la Serbie de l'ancien président de Bosnie Ejup Ganic, arrêté à Londres en mars en vertu d'un mandat d'arrêt pour crimes de guerre, a-t-on annoncé de source officielle.

"Nous respectons toute décision d'un tribunal britannique mais il existe une possibilité de faire appel devant un tribunal supérieur et nous l'utiliserons", a déclaré mardi à l'AFP Bruno Vekaric, le porte-parole des services du Procureur serbe pour les crimes de guerre.

En Bosnie par contre, le membre croate de la présidence tripartite bosniaque, Zeljko Komsic, s'est félicité de la décision du tribunal.

"La politique de la 'Grande Serbie' s'est vue infliger une nouvelle défaite, notamment parce que tous les arguments avancés par la partie serbe ont été rejetés et tous les arguments de la défense acceptés", a souligné Zeljko Komsic dans un communiqué.

"La justice a gagné", a estimé le président en exercice de la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine et un des dirigeants des Musulmans de Bosnie, Haris Silajdzic.

A Sarajevo, le mufti de Bosnie, Mustafa Ceric, a estimé que la décision britannique non seulement "libérait" Ejup Ganic, mais "tous les patriotes de Bosnie qui ont défendu le droit de tous ses citoyens à disposer d'un Etat souverain et indépendant".

"Aujourd'hui est une journée historique pour notre pays, notre peuple et une victoire personnelle pour Ejup Ganic et sa famille", a encore déclaré Mustafa Ceric à l'agence bosniaque de presse Fena.

Du côté des Serbes de Bosnie, des représentants des anciens combattants ont qualifié par contre la décision britannique de "scandaleuse".

"C'est un camouflet infligé au peuple serbe", ont-ils ajouté dans un communiqué diffusé par l'agence Srna.

Ejup Ganic, 64 ans, ancien membre musulman de la présidence bosniaque pendant la guerre et ex-président de la fédération de Bosnie-Herzégovine, avait été arrêté le 1er mars à l'aéroport londonien de Heathrow en application d'un mandat d'arrêt émis par la Serbie pour crimes de guerre. A la mi-mars, il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

La Serbie accuse Ejup Ganic d'avoir participé en 1992 à la conception d'attaques sur un mess d'officiers de l'armée yougoslave, puis sur des ambulances dépêchées sur place et enfin sur un convoi militaire à Sarajevo qui avait fait 18 morts. M. Ganic nie toute implication.

Expliquant sa décision, le juge Timothy Workman du tribunal de Westminster, à Londres, a dénoncé une "procédure lancée et utilisée à des fins politiques", ce qui "constitue un abus de procédure", a-t-il estimé.

AFP

Dernière mise à jour : 27.07.2010 à 20:13

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