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Le rapport israélien sur l'opération “plomb durci”
Vœu pieu: Israël s'engage à limiter l'usage de munitions au phosphore...
Comme un élève bien sage, Israël a rendu mercredi à l'ONU son rapport sur l'opération meurtrière menée fin 2008-début 2009 dans la bande de Gaza. Le bon élève s'y est engagé à limiter l'usage de munitions au phosphore, en demandant des instructions plus claires sur les consignes d'utilisation de cette arme de la mort... Édifiant.
Des fumées au-dessus de la ville de Gaza après une frappe aérienne de l'armée israélienne, le 9 janvier 2009./DR
19 mois après les bombardements meurtriers sur Gaza, Israël a rendu un rapport présenté cette semaine au secrétaire général de l'ONU sur l'opération menée fin 2008-début 2009 dans la bande sous embargo. Israël s'y engage à limiter l'usage de munitions au phosphore blanc et les victimes civiles dans les futurs conflits...
Israël ignorait-il à quel point les munitions au phosphore peuvent être meurtrières et dangereuses pour les populations?
Ecran de fumée autour du phosphore blanc
Les munitions au phosphore, qu'Israël reconnait avoir utilisées l'été 2006 lors de la guerre du Liban, et dont les dommages ont été identifiés par nombre de témoins médecins et autres sur les blessés dans les hôpitaux de Gaza lors des bombardements en 2008/2009, ont un statut équivoque dont Israël profite largement. Utilisées sous forme de munitions fumigènes, traçantes et éclairantes, elles peuvent aussi causer de graves brûlures ou même la mort.
“Le phosphore blanc réagit au contact de l’oxygène et une fois qu’il est en contact avec l’air, il brûle à de fortes températures, très vite et très profondément, toute substance qu’il touche, y compris le corps humain.”
Mark Russel de l'UNMAT, organisme de l 'ONU.
L'exposition à ce produit toxique peut se révéler fatale. Il peut provoquer des brûlures de la peau et endommager le foie, le cœur ou les reins.
Son emploi dans des zones habitées est réglementé par le protocole III de la Convention sur les armes classiques de 1980 “sur l'interdiction ou la limitation des armes incendiaires”, auquel Israël n'a sans surprise pas souscrit. Or des interrogations sont soulevées concernant l’utilisation de bombes au phosphore dans cette petite zone où habitent un million et demi d’âmes, une zone des plus denses du monde.
Bombes éclairantes ou bombes de la mort? L'usage équivoque de ces munitions pousse aujourd'hui Israël, qui a systématiquement profité de cette brèche, à ce simulacre de bonne volonté: il dit en substance qu'il souhaite agir en “pleine transparence” et souhaite “collaborer avec l'ONU et la communauté internationale”.
Pour sa défense, l'armée israélienne prétend avoir fait le maximum pour éviter des “dommages collatéraux” parmi les civils. Pourtant en bombardant une zone surpeuplée comme Gaza, comment justifier l'usage de bombes utilisées comme écran de fumée mais aux conséquences si graves sur les personnes qui en sont atteintes?
Éloigner la menace Goldstone
La sortie de ce rapport israélien est également l'occasion de fustiger au passage le contenu du rapport Goldstone, un rapport commandé par l'ONU qui a accusé Israël (et des groupes palestiniens) d'avoir commis des crimes de guerre pendant l'opération “Plomb durci” et recommandé la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) si Israël refuse d'ouvrir une enquête “crédible”.
Sans surprise, Israël a rejeté les conclusions de ce rapport.
Pourtant les experts en explosifs de l’équipe des Nations Unies, United Nations Mine Action Team (UNMAT) travaillent toujours aujourd'hui de concert avec des spécialistes du déminage pour éliminer les restes de la mortelle attaque israélienne. Les bombardements israéliens ont laissé un grand nombre de munitions non explosées (UXO, ou unexploded ordnance) dans les zones habitées par des civils, y compris des obus au phosphore blanc.
Et parmi les cibles des Israéliens se trouvaient les maisons, les écoles où des milliers de Palestiniens s’étaient réfugiés, les bâtiments des Nations Unies stockant de l’aide humanitaire, et les hôpitaux.
Les dirigeants israéliens ont tout d’abord nié l’emploi du phosphore blanc, puis ils l’ont admis, le présentant comme écran de fumée pour les soldats. Le Comité International de la Croix Rouge (CICR) estime que son utilisation dans des zones civiles “est simplement interdite”.
Face à toutes ces preuves, à quand la fin de l'impunité?


